- Au moins 72.000 migrants sont entrés illégalement dans l’enclave espagnole de Ceuta, en provenance du Maroc, la semaine dernière.
- Parmi les mesures prises par le gouvernement de Pedro Sanchez figure l’installation d’un barrage flottant.
- Dimensions, composition… Voici, en images, à quoi ressemble cette prolongation de la frontière entre l’Espagne et le Maroc.
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Après l’afflux inédit de dizaines de milliers de migrants à Ceuta, l’Espagne a pris plusieurs mesures pour renforcer la sécurité immédiate de l’enclave en Afrique du Nord. Alors que 75 migrants sont morts en tentant de traverser la frontière depuis le Maroc les jeudi 30 et vendredi 31 juillet dernier, principalement lors de noyades en mer Méditerranée, selon un dernier bilan de la préfecture de Ceuta transmis ce mardi à l’AFP, les autorités ont décidé d’installer un barrage flottant pour éviter une nouvelle vague migratoire.
« Le ministre de l’Intérieur espagnol, Fernando Grande-Marlaska, a mis en place un barrage flottant qui permettra de s’adapter à une décision de la Cour suprême espagnole qui considérait que les personnes qui arrivaient à la nage pouvaient ne pas être refoulées immédiatement »
, a expliqué mardi son homologue français, Laurent Nuñez, à l’issue d’une « réunion informelle »
des ministres européens de l’Intérieur.
La décision de la Cour suprême espagnole ne trouvera plus lieu à s’appliquer avec ce barrage flottant
La décision de la Cour suprême espagnole ne trouvera plus lieu à s’appliquer avec ce barrage flottant
Laurent Nuñez, ministre français de l’Intérieur
Le ministre espagnol « considère que cette décision a pu être utilisée par
des réseaux de passeurs pour générer ces afflux de migrants
sur l’enclave de Ceuta »,
a poursuivi le locataire de Beauvau devant la presse, quand le Premier ministre Pedro Sanchez avait pointé dès vendredi la « lecture intéressée que les mafias de trafiquants d’êtres humains »
ont faite de l’arrêt de la Cour suprême. « Cette décision ne trouvera donc plus lieu à s’appliquer puisqu’il existe maintenant une frontière physique, y compris en mer, avec ce barrage flottant qui a été érigé »
, a ajouté Laurent Nuñez.
Dès samedi 1ᵉʳ août, la Garde civile espagnole a annoncé dans une vidéo publiée sur X le début de « l’installation des barrières de confinement sur la digue de Tarajal »
, marquant la frontière avec la ville marocaine de Fnideq. ️« Le dispositif comprend une barrière gonflable de 500 mètres, renforcée par une ligne de bouées, qui permettra d’améliorer le contrôle et la surveillance de la zone »
, a ajouté la police.
500 mètres de long et un mètre de profondeur
De plus, la nouvelle structure émerge de 30 à 70 centimètres au-dessus de la surface de l’eau et comporte une partie immergée descendant jusqu’à un mètre de profondeur, selon les informations de la RTVE. La chaîne espagnole a également rapporté que ce nouveau barrage flottant est pleinement opérationnel depuis le dimanche 2 août, citant le ministère de l’Intérieur.

La Garde civile est désormais chargée de la protection de cette nouvelle barrière flottante tandis que des unités de l’armée continueront de contrôler le secteur face aux arrivées illégales de migrants.
« Aucune personne ne peut se déplacer librement de Ceuta vers le continent »
, a réaffirmé mardi Fernando Grande-Marlaska, après les critiques de plusieurs pays de l’UE. « Il existe un contrôle effectif, car Ceuta relève d’un régime spécial depuis 1991 »
, a ajouté le ministre, rappelant que l’enclave espagnole n’appartient pas à l’espace Schengen.

