• Emmanuel Macron souhaite lancer une « journée sans connexion » mensuelle pour les jeunes.
  • Le président de la République était en visite à la Cité internationale de la langue française.
  • Cette initiative pourrait être mise en place dès la rentrée de septembre.

Emmanuel Macron fait de l’utilisation des écrans par les jeunes le cheval de bataille de la fin de son mandat. Le président de la République a appelé jeudi 16 avril à instaurer une « journée sans connexion » mensuelle pour les plus jeunes.

Cette journée doit aider les adolescents à retrouver le goût de la lecture ou du sport, « la vitalité de la vie réelle », dans la lignée de la volonté d’Emmanuel Macron d’interdire les réseaux sociaux aux moins de quinze ans. Les écrans et les plateformes en ligne, « c’est du temps volé au développement personnel », a-t-il souligné devant des adolescents lors de sa visite à la Cité internationale de la langue française, au sein du château de Villers-Cotterêts, dans l’Aisne.

Le chef de l’État est passé par plusieurs ateliers de lecture, théâtre et bande dessinée organisés avec des lycéens et collégiens. Autant d’alternatives aux écrans qu’il a voulu mettre en avant, pour porter un « agenda positif » en parallèle de l’interdit qu’il souhaite instaurer, explique-t-on dans son entourage.

Le ministre de l’Éducation appelle à une « concertation »

Interrogé par des journalistes en herbe pour une émission de « Radio Château », Emmanuel Macron a invoqué le mot grec « pharmakon » pour décrire les écrans : « C’est le médicament », car ils peuvent servir d’outil pédagogique, mais « si on n’y prend pas garde, c’est aussi un poison », car ils provoquent une « addiction », a estimé le président, en mettant en garde contre une génération de personnes « voûtées », « avec leurs gros pouces » tapant sur leur portable.

Face à ce risque, et à la « solitude » et « l’inattention » qu’engendrent selon lui les écrans chez les jeunes, il a plaidé pour « qu’il y ait une fois par mois une journée sans connexion pour se réhabituer à vivre sans ». Présent à son côté, le ministre de l’Éducation Édouard Geffray a expliqué à des journalistes vouloir mener une « concertation » en vue de lancer cette initiative à la rentrée de septembre dans les établissements.

Concrètement, cela ne devrait pas changer grand-chose à l’école, puisque le téléphone portable est déjà interdit au collège et pourrait bientôt l’être aussi au lycée. Mais l’exécutif souhaite « promouvoir des rendez-vous communs », « qui puissent avoir des répercussions dans la vie familiale » et « essaimer », a expliqué le ministre.

Jeudi après-midi, Emmanuel Macron devait continuer à insister sur son cheval de bataille de cette fin de mandat, lors d’une visioconférence qu’il organise avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et plusieurs dirigeants de pays européens pour maintenir la « pression » afin que l’interdiction des réseaux aux moins de quinze ans soit bien réalisable d’ici à septembre.

Lilia FERNANDEZ avec AFP

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