- Plus de trente ans après sa dernière visite en France, l’élite du sumo fait son retour en force à Paris le temps d’un week-end.
- Une délégation de 150 personnes, deux avions affrétés pour l’occasion, mais aussi des toilettes renforcées, 10 tonnes de terre francilienne et 200 kg de sel de Guérande…
- TF1info se penche sur la logistique colossale de cet évènement organisé à l’Accor Arena de Bercy.
Pour la première fois depuis 1995, la fine fleur du sumo japonais se déplace dans la capitale française ce week-end pour un tournoi exhibition de deux jours. Assez fréquents dans les années 1980 et 1990, les déplacements à l’étranger des lutteurs de sumo, appelés rikishis (littéralement « hommes forts »), sont depuis devenus rarissimes et l’événement organisé à Paris les 13 et 14 juin nécessite une logistique hors norme.
« Ce projet a une signification et une symbolicité particulières parce qu’il va falloir non seulement délivrer au niveau organisationnel et en termes de production et de technique, mais en plus il va falloir respecter une tradition multiséculaire
, explique Arnaud Meersseman, directeur d’AEG Presents France, la société qui exploite l’Accor Arena de Bercy. On accueille non seulement des combats, mais aussi des traditions. »
Doubles sièges d’avions et toilettes renforcées
C’est une délégation de poids, constituée de 150 personnes dont une soixantaine de sumotoris, qui a fait le voyage depuis Tokyo. Et ils ont été répartis à bord de deux avions, pour des questions de capacité mais aussi de sécurité, « comme pour les Premiers ministres et présidents qui doivent voyager séparément »
, explique à l’AFP David Rothschild, promoteur du tournoi de ce week-end.
Les lutteurs, dont tous les aspects de la vie sont régis par leur classement, étaient assis en première classe pour les champions, en business pour les suivants et en classe économique pour les moins bien classés. Tous disposaient tout de même de deux sièges pour loger leur imposante carrure.

Quant aux toilettes de l’Accor Arena de Bercy et de l’hôtel des sumotoris, elles ont également dû être renforcées pour supporter leur poids.
10 tonnes de terre francilienne et 200 kg de sel de Guérande
Pour l’occasion, un dohyo – l’arène de combat traditionnelle formée par un cercle de 4,55 mètres de diamètre sur un podium – a été construit à l’Accord Arena de Bercy avec de la terre argileuse. Les organisateurs ont fait analyser par un ingénieur agronome la terre employée au Japon et 10 tonnes originaires de région parisienne ont été transportées, ainsi que 150 kg de sable et autant de ciment.
Plus insolite encore : 200 kg de sel de Guérande ont également été acheminés depuis Le Croisic (Loire-Atlantique), un ingrédient indispensable au bon déroulement du tournoi destiné à chasser les mauvais esprits. Le sel, qui occupe une place prépondérante dans la religion shintoïste d’où sont issus les rituels du sumo, est notamment jeté par poignées par les lutteurs avant un combat.
La gloire des sumos au JaponSource : JT 20h WE
L’eau du robinet au peigne fin
Autre symbole du sumo : les coiffures élaborées des lutteurs. Leurs cheveux sont manipulés uniquement par des professionnels qui les enduisent de généreuses quantités d’une huile spéciale à l’odeur vanillée caractéristique et les apprêtent en « chignons », dont la forme rappelle une feuille de ginkgo biloba.
Pour ne prendre aucun risque, des responsables de l’Association japonaise de sumo sont venus il y a quelques mois s’assurer que l’eau du robinet parisienne conviendrait pour leurs shampoings, en vérifiant notamment sa teneur en calcaire, souligne à l’AFP David Rothschild. Le verdict était positif ; sans quoi ils auraient dû utiliser de l’eau minérale.
Enfin, la dernière venue des lutteurs de sumo à Paris en 1995 avait été marquée par la destruction de leurs tenues d’apparat dans l’incendie d’un entrepôt à l’aéroport, quelques jours avant l’événement, qui avait obligé les instances du sumo à se faire envoyer en urgence des remplacements. « Ils m’ont tous parlé de cet incendie et de comment ça avait été je pense assez traumatisant »
, raconte David Rothschild. Il y a donc eu « vraiment des précautions qui ont été prises sur l’acheminement du matériel »
.

