- Conjoints, enfants, amis, les aidants portent une part souvent méconnue de la maladie.
- Audrey, le mari de Luz et Damien montrent combien cet engagement peut transformer, mais aussi épuiser.
- En ce mois d’Octobre Rose, une spécialiste du soutien émotionnel rappelle qu’on accompagne mieux en préservant ses propres forces.
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Octobre Rose
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Pendant des mois, il a tenu. Resté à Singapour avec leurs trois enfants pendant que Luz se soignait à Paris, son mari a tout porté. C’est une fois les traitements terminés que des problèmes de santé l’ont rattrapé. Une scène familière pour beaucoup d’aidants, qui s’autorisent à baisser la garde seulement quand le danger s’éloigne.
Un engagement total, parfois invisible
Dans le nord de Paris, Audrey, 37 ans, accompagne son père atteint d’un cancer (nouvelle fenêtre) rare. « Inconsciemment, j’ai dit au revoir à mon entreprise, mon père étant devenu ma priorité »
, décrivant ensuite son rôle endossé « à 1000 % »
, qui « demande une présence, une stabilité à toute épreuve, mais qui est pourtant si peu connu, ou reconnu »
. Elle n’a rien regretté. « Une des plus belles décisions de ma vie. »
Damien, dont la compagne Cécile a récemment appris son cancer du sein, a trouvé sa propre soupape en relançant son podcast Papa Boss (nouvelle fenêtre). « Je crois qu’en ce moment, j’en ai besoin »
, confie-t-il à TF1info, même s’il prévoit d’en faire évoluer la ligne éditoriale.
Rester conjoint, ami ou enfant avant tout
Pour Nada Benzakour, hypnothérapeute, l’aidant doit garder sa juste place. « Un proche n’a pas vocation à devenir à la fois thérapeute, médecin, infirmier et coordinateur de soins. Son rôle premier reste celui de
conjoint
, de sœur, d’ami ou de parent. »
Préserver ses ressources fait partie de l’aide. « Continuer à dormir, travailler, voir ses amis, pratiquer une activité ou demander soi-même de l’aide ne signifie pas abandonner la personne malade. »
Elle conseille aussi de demander plutôt que de supposer. La personne malade souhaite-t-elle parler, chercher une solution ou simplement ne pas être seule ? « Cette distinction, très simple en apparence, permet souvent d’éviter beaucoup de maladresses. »
Côté patientes, le soutien compte. « Ça fait du bien de pouvoir un peu se décharger sur l’entourage »
, reconnaît Mélinda, des années après ses traitements.
Les proches ne sont pas seuls non plus. Les équipes soignantes les accueillent dès l’annonce, et des associations organisent des groupes de parole qui leur sont ouverts, à l’image de ceux que Claude-Alain, médecin lui-même touché par un cancer, spécialiste en Médecine Nucléaire et diplômé en Cancérologie Clinique, a animés pendant plus de 15 ans avec l’association Choix Vital (créée à Paris en 2001 et disparue aujourd’hui). Audrey, à Toulouse, a tiré de son rôle d’amie aidante une leçon qu’elle garde précieusement. « Dès lors que la vie n’est pas en jeu, rien n’est grave. »

