- La Fédération hospitalière de France a publié mercredi une enquête sur la santé mentale, et note une évolution « préoccupante » chez les jeunes femmes.
- Depuis 2019, la prise en charge des femmes en psychiatrie a augmenté de 49%.
- La Fédération hospitalière demande un plan d’urgence pour la santé mentale.
Urgence sur la santé mentale. La Fédération hospitalière de France (FHF) a publié mercredi 15 avril une enquête sur la santé mentale des jeunes, dont les résultats sont alarmants : 42% des 18-24 ans présentent des signes de trouble anxieux généralisé. Mais la FHF note surtout une « évolution particulièrement préoccupante » chez les jeunes femmes.
« Depuis 2019, le nombre de prises en charge hospitalière en psychiatrie des femmes a ainsi bondi dans les tranches d’âge les plus jeunes »
, indique la FHF, soulignant une hausse de 47% de ces hospitalisations chez les 15-19 ans, et de 49% chez les 20-24 ans. Autre chiffre inquiétant : les femmes représentent désormais 66% des hospitalisations en lien avec une tentative de suicide.
Des « bouleversements spécifiques » chez les femmes
Ce n’est pas la première fois que la santé mentale des femmes inquiète : en mai 2025, le gouvernement avait publié son premier baromètre sur la santé mentale des femmes, selon lequel près d’une femme sur deux indiquait avoir « déjà connu un trouble psychique au cours de sa vie »
, contre 36% d’hommes.
En cause : des « étapes de la vie entraînant des bouleversements spécifiques »
chez les femmes, comme l’adolescence, la maternité, ou la ménopause, et qui rendent la santé mentale des femmes « moins linéaire »
, précise le ministère de la Santé.
2e enquête FHF Ipsos sur la santé mentale et la psychiatrie Depuis 2019, les données confirment une dégradation alarmante de la santé mentale, particulièrement chez les jeunes et les femmes. La hausse des hospitalisations pour tentative de suicide constitue le signal le plus… pic.twitter.com/6cSiK16ZU5 — FHF (@laFHF) April 15, 2026
Chez les jeunes filles, une forme de « pression »
peut avoir un impact sur leur psyché, explique sur son site la thérapeute Estelle Bayon, spécialisée dans la santé mentale des femmes et les questions féministes, évoquant une « pression à la réussite scolaire et sociale, pression à se conformer aux stéréotypes de genre, notamment concernant l’apparence physique, très mise en avant chez les filles »
.
La santé mentale est également un enjeu important chez les jeunes actives : selon un sondage Ipsos-BVA pour le cabinet Qualisocial paru début mars, 29% des femmes de moins de 40 ans se déclarent « en mauvaise santé mentale »
au travail.
« Les femmes expliquent davantage la dégradation de leur santé mentale par des facteurs liés au manque de temps pour soi, et aux difficultés personnelles ou familiales »
, explique cette enquête.
« À cela s’ajoutent les stéréotypes de sexe qui influencent les pratiques médicales, la recherche, la prévention et le comportement des patients. Les spécificités féminines sont ainsi moins prises en compte »
, précise également le gouvernement, qui avait fait de la santé mentale sa Grande cause nationale en 2025, prolongée en 2026. L’Organisation mondiale de la santé précise quant à elle que la dépression est 1,5 fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes.
La FHF note ainsi une situation « de plus en plus alarmante »
chez les jeunes et les femmes, soulignant une difficulté d’accès aux soins : 79% des 18-24 ans confrontés à des problèmes de santé mentale disent avoir rencontré des difficultés d’accès aux soins et citent notamment de trop longs délais d’attente pour obtenir un psychiatre, certains n’ayant même pas pu obtenir de rendez-vous du tout.
La Fédération hospitalière demande alors un « plan d’urgence pour la santé mentale et la psychiatrie »
, qui doit être « mis en œuvre sans délai »
, selon son président, Arnaud Robinet. Ce dernier souligne à travers cette étude que « la situation est grave »
, et appelle à ne pas laisser « notre jeunesse, en particulier les jeunes filles, sombrer dans une souffrance silencieuse »
.

