• Depuis ce jeudi 25 juin, un homme de 84 ans est jugé à Saint-Malo pour avoir mortellement percuté deux piétons au même endroit, à quelques mois d’écart.
  • Cette affaire suscite une profonde incompréhension, car après le premier accident mortel, le permis de conduire du chauffard n’avait pas été suspendu.

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Le 20H

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Trois ans après l’accident qui a coûté la vie à son père, Séverine est venue chercher des réponses. « Une voiture, c’est un pistolet qu’on a entre les mains si on ne l’utilise pas bien », dit-elle dans le reportage ci-dessus. Sa colère est d’autant plus forte que l’homme responsable de l’accident est un récidiviste. « Reprendre le volant à 83 ans en sachant qu’on a tué une première personne, je ne suis pas certaine qu’on soit en empathie pour la famille », poursuit la jeune femme. 

C’est quelqu’un qui ressentait une certaine fatigue, qui probablement sentait peut-être ses capacités décliner peu à peu.

Me Cyril Baron, l’avocat du prévenu

En juillet 2023, le père de Séverine accompagné de sa petite-fille sont fauchés sur un passage piéton de Saint-Malo par un automobiliste âgé de 81 ans. Le père de Séverine décède quelques jours plus tard à l’hôpital. Trois mois avant, sur ce même boulevard, le même octogénaire avait déjà renversé et tué une autre personne. 

Au procès du chauffard qui s’est ouvert ce jeudi 25 juin, une seule question se pose pour Me May Sarah Vogelhut, l’avocate de Séverine : pourquoi le chauffard a-t-il pu reprendre le volant ? « Si après les premiers faits, le permis de conduire avait été, soit suspendu par le préfet, soit si la justice dans le cadre d’un contrôle judiciaire avait fait interdiction à ce monsieur de conduire, je pense que mon client serait toujours vivant aujourd’hui », affirme-t-elle. 

Selon Me Cyril Baron, l’avocat du prévenu, absent pour des raisons de santé, ce dernier, malgré son âge, avait subi, juste après le premier accident, des examens médicaux rassurants. Son permis de conduire ne lui avait donc pas été retiré. « C’est quelqu’un qui ressentait une certaine fatigue, qui probablement sentait peut-être ses capacités décliner peu à peu. De là à considérer qu’on est inapte à conduire, alors même que les autorités n’ont pas jugé que vous l’étiez, ça me paraît compliqué de lui faire le reproche aujourd’hui », argue-t-il. 

À l’issue de l’audience, le procureur de la République a demandé une peine de 3 ans de prison avec sursis et l’annulation du permis de conduire. Le jugement sera prononcé le 9 juillet prochain.

La rédaction de TF1info | Reportage : Anne-Laure BANSE, Sandra DOUCERÉ et Julien ERRARD

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