• Quatre jeunes âgés de 17 à 21 ans, arrêtés près de Pau, sont poursuivis après avoir confectionné des armes à feu grâce à une technologie d’impression 3D.
  • Pour savoir si ces « armes fantômes » sont aujourd’hui capables d’imiter celles manufacturées, TF1info a échangé avec un expert judiciaire qui suit de près ces questions.

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L’info passée au crible des Vérificateurs

Un groupe de quatre Béarnais, âgés de 17 à 21 ans, a été arrêté (nouvelle fenêtre) il y a quelques jours non loin de Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques. Mis en examen, ces jeunes hommes se voient reprocher la confection et la vente d’armes à feu réalisées à l’aide d’imprimantes 3D. D’après La Dépêche du Midi, qui a révélé (nouvelle fenêtre) l’affaire, il s’agit de pistolets de type Glock modifiés pour tirer des projectiles calibre 22.

Cette enquête, dirigée par le parquet de Toulouse, interroge sur la nature des armes réalisées et sur leur dangerosité. Confectionnées en toute illégalité et quasi intraçables en raison de leur absence de numéro de série, elles sont souvent présentées comme des armes « fantômes »

Une durée de vie souvent (très) limitée

Faut-il s’inquiéter d’une recrudescence de ces armes d’un nouveau genre, à mesure que se démocratise l’impression 3D ? Les pistolets réalisés sont-ils aussi puissants et dangereux que ceux qui ont été produits légalement et qui sont vendus dans des armureries ? Pour le savoir, TF1info s’est rapproché de Christian Goblas. Expert judiciaire près la Cour d’Appel de Nîmes, il suit de près ces évolutions technologiques avec les autres membres de la CONEXARM (Compagnie Nationale des Experts en Balistique, Armes, et Munitions), dont il est le président.

Une arme à feu est composée de plusieurs éléments, rappelle en préambule ce spécialiste. Parmi eux, on retrouve « la chambre et le canon, qui sont difficiles à reproduire en 3D ».  Pour autant, les technologies progressent et il n’est pas très difficile de se procurer des plans, « téléchargeables sur le dark web ». L’élément déterminant, note toutefois Christian Goblas, ce sera « la qualité de l’imprimante 3D ». Avec un modèle « bas de gamme, si vous imprimez une arme et tirez une seule fois avec, elle vous explosera dans les mains ». 

Lorsqu’il s’agit de matériel très sophistiqué, la donne change. L’investissement matériel se révèle considérable, « avec des machines qui peuvent coûter 200.000 à 300.000 euros », mais des tests réalisés aux États-Unis ont montré que les armes réalisées pouvaient supporter au moins 50 coups. À l’heure qu’il est, fabriquer des pièces capables de ne pas rompre sous les très fortes pressions exercées reste délicat, ce qui explique que des pistolets d’une puissance réduite soient majoritairement réalisés.

Des armes plus lourdes et plus sophistiquées ? « Pour l’instant, ça coûte très cher » et la technologie reste imparfaite, « mais on va y arriver », redoute Christian Goblas. S’il ne s’attend pas forcément à des produits « d’aussi bonne qualité que ceux issus d’une manufacture », il anticipe une « révolution similaire aux drones », qui ont été perfectionnés en quelques années dans le cadre du conflit en Ukraine. Selon l’expert, les armes imprimées en 3D vont « partir sur le marché parallèle, et notamment dans les mains de délinquants spécialisés dans le narcotrafic ». 

Interrogée en février 2025 par le Sénat au sujet de ces « armes fantômes », l’ancienne porte-parole du gouvernement Sophie Primas évoquait (nouvelle fenêtre) « une menace extrêmement sérieuse », mais un phénomène qui demeurait encore « contenu ». Elle expliquait ce constat par le fait que « certains freins technologiques limitent toujours – à moins de gros investissements – les possibilités de fabrication », mais rapportait en parallèle que « l’acquisition d’armes manufacturées reste malheureusement beaucoup plus simple pour les criminels, qu’elles soient acheminées par les filières du trafic ou issues de cambriolages de particuliers ou d’armureries ».

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Thomas DESZPOT

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