• L’album de ses 20 ans de carrière, intitulé « Voir la mer », est sorti le 18 septembre.
  • Fabien, alias Grand Corps Malade, l’a écrit en grande partie à Montréal où il est parti se ressourcer en 2025.
  • Face à Audrey Crespo-Mara, dans le Portrait de la semaine de Sept à Huit, le slameur-poète revient sur cet exil loin de la France.

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Après trois années un peu folles de musique, d’albums, de tournées et de cinéma avec Monsieur Aznavour, Fabien, alias Grand Corps Malade, a ressenti un besoin impérieux de faire une pause. « C’était une période très dense. Je ressentais vraiment l’envie de couper, de ralentir », avoue-t-il, dans « Le Portrait de la Semaine » d’Audrey Crespo-Mara, diffusé ce dimanche 20 septembre à 19h30 sur TF1 et en streaming sur TF1 INFO et TF1+. 

Alors en 2025, l’artiste a emmené femme et enfants à Montréal. Un exil devenu une nécessité, loin du tumulte parisien. « Vivre autre chose, c’est un luxe absolu. J’ai bien conscience que ce n’est pas tout un chacun qui, du jour au lendemain, décide d’aller vivre un an ailleurs. On pouvait se le permettre, on l’a organisé. C’est pas facile à mettre en place, toute une famille qui va s’expatrier », sourit le natif du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis).

J’ai toujours vécu en région parisienne, toute ma vie, et c’était pour moi une grande aventure d’aller vivre à l’étranger.

Fabien, alias Grand Corps Malade

Au-delà de couper le rythme, le slameur-poète voulait surtout « vivre ailleurs, découvrir une autre culture, d’autres gens, d’autres paysages ». « Moi, j’ai toujours vécu en région parisienne, toute ma vie, et c’était pour moi une grande aventure d’aller vivre à l’étranger », assure-t-il. Mais s’installer de l’autre côté de l’Atlantique avec deux adolescents de 11 et 14 ans aurait pu s’avérer délicat. « Des fois, les enfants n’ont pas envie de quitter leurs copains, mais je pense qu’on leur en avait parlé au bon moment, on l’a bien amené. Tout le monde était assez excité à l’idée de vivre une année particulière », ajoute-t-il.

Au fil des mois, la tribu a découvert notamment le rythme des saisons, très marqué au Canada. « Il y a de vrais étés. Un automne magnifique. On connaît les couleurs du Canada à l’automne. L’hiver québécois très froid, très enneigé, mais ça aussi, c’était une belle aventure. Et puis un beau printemps, évidemment, parce que quand tu sors de quatre mois d’hiver très froid, le printemps, tu le vis autrement. On a vécu ça pleinement », détaille-t-il. La famille n’a pas hésité non plus à voyager à travers tout le Québec, « en camping-car une fois l’été arrivé ». Elle a aussi tenté « l’aventure dans le Grand Nord canadien en chien de traîneau ». Un vrai choc culturel pour Grand Corps Malade. « Moi, le banlieusard, le Parisien qui connaît un peu moins la nature, à mon âge, j’ai découvert ça comme un enfant », souffle-t-il avec amusement. 

Des chansons pour Céline Dion

L’artiste n’a pas chômé pour autant. Au Canada, il a concocté l’album célébrant ses deux décennies de musique, intitulé « Voir la mer », dans les bacs depuis le 18 septembre. Il a par ailleurs écrit et composé des chansons pour Céline Dion. « J’adore le métier de parolier. Là, je m’oublie totalement », admet-il. Un exercice qui fut malgré tout particulièrement délicat. « Déjà, c’est une femme. La différence est majeure. J’écris en me mettant dans la peau d’une femme. Et puis, Céline Dion, c’est une vie incroyable. C’est la diva absolue. C’est la plus grande star au monde », lâche-t-il.

Cette aventure loin de la France n’a pas seulement inspiré sa musique, elle l’a aussi beaucoup fait réfléchir sur l’état de son pays. « Montréal, c’est vraiment une terre d’accueil très, très ouverte. Et il y a beaucoup moins de tensions qu’en France à tout point de vue. On le voit dans les rapports entre les gens. En France, on nous isole, on nous montre du doigt, on nous met dans des cases. Je trouve qu’on a perdu un peu cette curiosité de l’autre », regrette-t-il. Enfant de Saint-Denis, Fabien se souvient de la France des années 90 où « être raciste était honteux ». Il déplore qu’aujourd’hui cette parole soit « complètement décomplexée » et redoute de voir « l’extrême droite à la porte du pouvoir ». « Les propos les plus racistes ne choquent plus personne, que ce soit sur les réseaux sociaux, dans la rue, sur les plateaux de télé. Pour moi, un des trucs les plus marquants de ces dernières années, c’est cette dérive-là », s’inquiète-t-il. 

Virginie FAUROUX | Propos recueillis par Audrey CRESPO-MARA

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