- Avec le conflit en Iran, le prix du kérosène a explosé, entraînant l’annulation de plusieurs vols.
- Transavia, la filiale low-cost d’Air France, a annoncé l’annulation de 2% de ses vols en mai et juin, soit 400 au total.
- Pour les usagers, plusieurs recours sont prévus.
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Guerre au Moyen-Orient : les prix des carburants et du gaz s’envolent
Les voyageurs rattrapés par la guerre au Moyen-Orient. Après les annulations liées à la sécurité aérienne, c’est au tour du manque de kérosène d’impacter les vols, laissant planer la menace d’une potentielle crise d’approvisionnement. Dernier exemple en date : Transavia, qui a annoncé dimanche 26 avril la suppression de plusieurs vols prévus en mai et juin. Impactés, les usagers sont cependant couverts pour ce genre de déconvenues.
La filiale low-cost d’Air France a en effet précisé que « les clients concernés par une annulation sont informés individuellement par SMS et e-mail »
. Ils pourront alors « bénéficier, selon leur choix, d’un report sans frais, d’un avoir ou d’un remboursement intégral de leur billet »
. Et « pour la majorité des vols annulés, une solution de report dans les 24 heures est proposée
« , ajoute la compagnie.
Des indemnisations forfaitaires prévues par l’UE
D’autres compagnies vont-elles prendre la même décision radicale ? À Bruxelles, le commissaire européen Dan Jorgensen a en tout cas estimé que l’UE « s’approchait très rapidement
» d’une potentielle crise d’approvisionnement, avec le risque d’un été marqué par « des billets d’avion plus chers et des annulations
« . En Allemagne, la compagnie Lufthansa a déjà planifié 120 annulations de vols jusqu’à fin mai. Air Canada, Air New Zealand, Air Asia ou encore Volotea ont également pris des décisions similaires.
Que faire si son vol est annulé ? La réglementation européenne prévoit des indemnisations forfaitaires. Elles sont calculées selon la distance du vol : pour les trajets intracommunautaires de moins de 1.500 kilomètres, l’indemnité s’élève à 250 euros par passager. De 1.500 à 3.500 kilomètres elle est de 400 euros, et le montant atteint 600 euros pour les distances supérieures. Cette compensation s’ajoute au remboursement ou au réacheminement. Seulement voilà : une compagnie n’est pas obligée de verser une indemnité dès lors qu’il s’agit d’une circonstance extraordinaire.
C’est en effet ce que stipule le règlement européen (CE) n°261 de 2004 : « Un transporteur aérien effectif n’est pas tenu de verser l’indemnisation prévue à l’article 7 s’il est en mesure de prouver que l’annulation est due à des circonstances extraordinaires qui n’auraient pas pu être évitées même si toutes les mesures raisonnables avaient été prises
. » Or la guerre et notamment son impact sur les carburants avec le blocage du détroit d’Ormuz peuvent être considérés comme une circonstance extraordinaire.
Comme le précise le site du ministère de l’Économie (nouvelle fenêtre), un voyage à forfait – quand il combine au moins deux types différents de prestation touristique (transport, hébergement, location de voiture…) et que le séjour dépasse 24 heures ou inclut une nuitée – est soumis à des règles spécifiques. « Si le professionnel doit modifier un élément essentiel de votre voyage en raison d’un évènement extérieur, comme le conflit au Moyen-Orient, il doit vous en avertir le plus rapidement possible et vous proposer de choisir entre une annulation sans frais du contrat et un remboursement sous quatorze jours ou accepter les modifications proposées, accompagnées d’une réduction de prix en cas de baisse de la qualité ou du coût du voyage
. » À noter que « le professionnel peut aussi annuler votre voyage et vous rembourser intégralement sous quatorze jours la totalité des sommes que vous avez versées. En cas de circonstances exceptionnelles et inévitables, vous n’aurez pas droit à un dédommagement supplémentaire
. »
En outre, un client ayant réservé un voyage à forfait peut lui-même décider d’annuler celui-ci à tout moment. Ce qui n’est pas le cas d’une personne ayant seulement acheté des billets d’avion : si votre vol est maintenu, votre droit au remboursement dépend uniquement des conditions de vente et de transport de vos billets d’avion.

