- Les ours bruns se multiplient dans les Pyrénées.
- Une présence qui peut parfois nuire aux troupeaux.
- Pour les faire fuir, le gouvernement vient d’autoriser les tirs d’effarouchement aux éleveurs, au grand dam des associations de défense.
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Le bruit pourrait perturber la paix de vos vacances. Si vous partez vous ressourcer dans les Pyrénées (nouvelle fenêtre)cet été, vous aurez peut-être la mauvaise surprise d’entendre quelques coups de feu. Ce n’est pourtant pas la saison de la chasse – qui s’étendra du 13 septembre 2026 au 28 février 2027 cette année. Si des tirs retentissent, ce sera certainement pour faire fuir les ours. Ce mardi 14 juillet, les ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique ont publié un arrêté au Journal officiel (nouvelle fenêtre) pour renforcer les mesures d’effarouchement des ours bruns dans le massif du Sud-Ouest.
Pourquoi les éleveurs vont-ils pouvoir tirer à blanc pour faire fuir les ours ?
L’effarouchement des ours consiste à tirer, au fusil, des cartouches à double détonation, non létales, pour les faire fuir et éviter qu’ils ne s’attaquent à un troupeau. Depuis mai 2023, seuls les agents de l’Office français de la biodiversité (OFB) étaient autorisés à effectuer ces tirs. Le nouvel arrêté gouvernemental étend cette autorisation « à l’éleveur, un ou plusieurs membres du groupement pastoral, le gestionnaire d’estive ayant déposé une demande de dérogation, le berger présent auprès du troupeau et désigné par le bénéficiaire de la dérogation, ou par des lieutenants de louveterie désignés par l’autorité préfectorale ».
Pour mettre en œuvre cette extension du droit d’effarouchement, les autorités demandent à chaque personne habilitée d’avoir un permis de chasse valable pour l’année en cours. Elles doivent aussi avoir été formées par les agents de l’OFB. Les tirs d’effarouchement doivent se faire en binôme, et uniquement lorsqu’un ours est repéré « à proximité immédiate »
du troupeau, « de nuit, avec une extension possible aux périodes crépusculaires et matinales ».
La population d’ours brun augmente dans les Pyrénées
Cette extension du droit d’effarouchement aux éleveurs est critiquée par les associations de défense des ours. One Voice (nouvelle fenêtre)a d’ailleurs déjà déposé un recours devant le Conseil d’État pour faire annuler la décision. « S’ils ne tuent pas directement, les effarouchements causent des dégâts considérables. Les détonations peuvent atteindre 120 décibels »
, alertent les militants. Ils craignent également que cela génère un « stress intense »
chez les animaux et perturbe leurs déplacements.
Selon le dernier rapport de l’OFB (nouvelle fenêtre), il y avait 108 ours bruns dans les Pyrénées en 2025, alors qu’ils n’étaient qu’une poignée dans les années 1990. Le taux d’accroissement moyen annuel de la population est estimé aujourd’hui à 11,53% pour l’ensemble des Pyrénées.

