• Des combats d’ampleur sont en cours, ce samedi 25 avril, près de plusieurs grandes villes du Mali, dont la capitale Bamako.
  • Selon les autorités, des « groupes terroristes » et des rebelles touaregs affrontent actuellement l’armée.

Une série d’offensives coordonnées. D’importants affrontements sont en cours ce samedi 25 avril au Mali. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda et formation jihadiste constituant la « menace la plus importante dans le Sahel » selon l’ONU, revendique une série d’attaques coordonnées avec la rébellion touareg. Il proclame une « victoire », estimant qu’elle est « le fruit d’un travail acharné », d’une coordination avec ses « partenaires » et « grâce à la participation active de nos frères du Front de libération de l’Azawad » (FLA, rébellion touareg). « Ensemble nous opérons une véritable transformation, au service de la religion, du pays et du peuple », martèle-t-il. 

Plusieurs villes sont tombées

Les combats touchent plusieurs grandes villes du pays, et s’étendent à la périphérie de la capitale Bamako. La ville clef de Kidal, dans le nord du Mali, reprise par les forces régulières fin 2023, est tombée. « La ville de Kidal est passée sous contrôle de nos forces armées », écrit le groupe FLA, une fusion de plusieurs groupes à dominante touareg, dans un message sur Facebook. « Nos troupes du FLA contrôlent Kidal, l’essentiel de Kidal. Le gouverneur de Kidal s’est réfugié avec ses éléments au sein de l’ex-camp de la Minusma », déclare à l’AFP son porte-parole, Mohamed Elmaouloud Ramadane. Le JNIM évoque, lui, « une opération réussie menée contre l’armée malienne et les mercenaires du corps russe avec la participation de nos partenaires du FLA »

Par ailleurs, l’armée aurait aussi perdu « le contrôle total de la ville de Mopti (centre) » et « la plupart de (ses) bastions à Sévaré (centre) et à Gao (nord) ».

De graves défaillances de sécurité à Bamako

Charlie Werb, analyste du cabinet de conseil Aldebaran Threat Consultants (ATC)

Selon Charlie Werb, analyste du cabinet de conseil Aldebaran Threat Consultants (ATC), « nous faisons face à une vaste offensive coordonnée dans tout le pays à un niveau inédit depuis 2012, lorsque le gouvernement a perdu la moitié du pays ». « (Il y a eu de) graves défaillances de sécurité à Bamako », affirme-t-il. « Le JNIM et le FLA ont lancé des attaques coordonnées au Mali. De nombreuses positions de l’armée et de l’Africa Corps (organisation paramilitaire russe) continuent d’être prises pour cible à Kati, Kidal, Sévaré et Gao », abonde Hasret Kargın, chercheur Afrique au cabinet d’intelligence Mintel World. 

Le Mali est en proie, depuis 2012, aux conflits et aux violences de formations jihadistes ainsi que de groupes criminels communautaires et des indépendantistes. À la suite de deux coups d’État, en 2020 et en 2021, le pays est passé sous l’autorité d’une junte militaire soutenue par des milices russes. Ce régime a précipité le désengagement des troupes françaises, déployées pour lutter contre l’État islamique dans la région.

M.G avec AFP

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