- Le concessionnaire de l’A69, entre Castres et Toulouse, a dévoilé ses tarifs jeudi 8 octobre : 8,50 euros pour parcourir les 53 kilomètres.
- Cette autoroute, dont la date d’ouverture prévue le 15 octobre n’a pas été confirmée, sera l’une des plus chères de France, après l’A65 et en dehors des tronçons urbains en Île-de-France.
- Des opposants au projet de l’A69 se sont installés dans les arbres dans la nuit de jeudi à vendredi.
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Les tarifs sont enfin connus. Le concessionnaire Atosca a publié, jeudi 8 octobre, sa grille pour les véhicules qui emprunteront l’A69, reliant Castres à Toulouse : il vous en coûtera 8,50 euros pour parcourir les 53 kilomètres de ce tronçon controversé. « Il faut y ajouter le péage de l’A68 qui mène jusqu’à Toulouse, soit 1,70 euro »
, précise à TF1info Thomas Digard, membre du collectif des opposants à l’A69. Soit un aller-retour à 20,40 euros, calcule-t-il.
Si on prend en compte le seul tronçon de 53 kilomètres, le trajet entre Verfeil et Castres va coûter 16 centimes du km. Ce qui place l’A69 parmi l’une des plus chères de France : 1,6 fois la moyenne nationale et plus de deux fois ce que facturent les grands axes comme l’A6 ou l’A7.
Plus précisément, elle se place, hors autoroutes interurbaines en Île-de-France, juste derrière l’A65 (Langon-Pau), l’autoroute la plus chère de France à 20 centimes du km.
Le tarif devait baisser de 33% sur une portion, mais ça ne sera pas le cas
En Île-de-France, des tronçons très courts sont toutefois plus chers : l’A14 entre La Défense et Orgeval atteint environ 52 centimes par km et le Duplex A86 (le tunnel autoroutier souterrain de 10 kilomètres qui relie Rueil-Malmaison à Vélizy-Villacoublay) coûte près de 1,42 euro par km.
« Un tarif de péage exorbitant »
, réagit le Groupe national de surveillance des arbres, dont des militants se sont réinstallés dans la nuit de jeudi à vendredi dans les platanes de Vendine, en Haute-Garonne. Selon un avenant au contrat, le prix devait baisser sur une partie du trajet : -33% au niveau des déviations, qui étaient jusqu’ici gratuites (31 kilomètres sur les 53 km). Mais le Conseil d’État a émis un avis défavorable et l’État ne peut aller contre.
« À ce stade, les tarifs ne peuvent intégrer la baisse envisagée dans le cadre de l’avenant au contrat de concession, en l’absence d’avis favorable du Conseil d’État »
, justifie Atosca. Des sources proches du dossier s’interrogent sur une telle situation, privant les usagers d’une réduction, mais qui, d’un autre côté, aurait coûté 20 millions d’euros à l’État.
Des forfaits pour les usagers réguliers
Pour compenser, le concessionnaire propose des formules permettant de faire baisser les prix : un forfait mensuel pour des trajets illimités sur un parcours choisi, avec un engagement de six mois minimum ou des réductions progressives selon la fréquence d’utilisation (dès 20 trajets par mois). Le tronçon est également moins cher pour les véhicules à très faibles émissions : 6,80 euros contre 8,50 euros pour les véhicules thermiques.
« Aller travailler, rejoindre ses clients, retrouver ses proches : les usages de l’autoroute A69 seront multiples »
, explique Martin Gerlinger, directeur général d’Atosca. « Nous avons souhaité proposer des formules qui tiennent compte de ces différentes habitudes de déplacement. Notre objectif est de permettre à chacun d’identifier la solution la plus adaptée à son usage et d’anticiper le coût de ses déplacements pour préparer ses premiers trajets sur l’A69. Nous espérons pouvoir renforcer cette politique tarifaire attractive en lien avec l’État et les collectivités territoriales dans les prochains mois. »
Les tarifs pourraient donc encore évoluer.
Quant à la date d’ouverture, elle demeure inconnue. Initialement prévue le 15 octobre, elle n’est pas confirmée par Atosca. « Les audits et les opérations de réception menés par les services de l’État sont en cours »
, précise simplement une porte-parole. Contacté par TF1info, le ministère des Transports n’a pas répondu sur ce point.
De son côté, la préfecture du Tarn a pris samedi dernier un arrêté d’interdiction de rassemblement sur les zones les plus proches de l’autoroute dans les 17 communes traversées par son tracé, arguant du fait que « la mobilisation militante contre l’autoroute A69 a donné lieu à des troubles à l’ordre public répétés et de gravité croissante sur la période 2022-2025 »
. Mais sur place, les opposants prévoient de se mobiliser jusqu’à dimanche, appelant au « boycott »
d’un projet jugé « écocide »
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