• La mobilisation lycéenne et étudiante se poursuit en France, avec l’appel à un « acte III » de la contestation mardi.
  • À cette occasion, la CGT viendra en soutien aux jeunes, pour les « protéger » face à une réponse policière « irresponsable », a affirmé lundi 5 octobre sur TF1 Sophie Binet.
  • « On n’envoie pas les policiers pour déloger » des élèves « qui expriment des revendications légitimes », a cinglé la secrétaire générale de la CGT.

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Au fil des semaines, la contestation s’élargit. Les militants de la CGT se joindront à la mobilisation lycéenne et étudiante mardi 6 octobre, pour que leurs « chasubles rouges permettent de protéger (leur) droit de manifester », « en sécurité », a insisté lundi sa secrétaire générale, Sophie Binet. Invitée de « Bonjour ! La matinale de TF1 », la responsable s’est dite « scandalisée » de la réponse policière mise en place par le gouvernement (nouvelle fenêtre), y voyant une « répression inédite » déployée contre des jeunes.

Dans la continuité du mouvement lycéen qui essaime depuis mi-septembre, l’Union syndicale lycéenne a promis un « acte III » mardi, tandis que des étudiants se joignent également aux appels au blocage. « Les militantes et militants de la CGT seront là pour protéger les lycéennes et les lycéens parce que nous avons été scandalisés de ce que nous avons vu depuis dix jours et de cette répression inédite que le gouvernement a organisée contre (leur) mobilisation », a assuré Sophie Binet. 

« Jamais » une telle réponse n’avait été déployée « au moins depuis mai 68 »

Apportant son soutien aux personnels et aux élèves blessés (nouvelle fenêtre), la syndicaliste, elle-même ancienne CPE, a assuré qu’on « ne gère jamais une mobilisation lycéenne comme cela, jamais ». « On n’envoie pas les policiers pour déloger des lycéens et lycéennes qui expriment des revendications légitimes », a-t-elle estimé. « Jamais, au moins depuis mai 68, un gouvernement n’a eu une telle stratégie, c’est irresponsable », a encore jugé la numéro une du syndicat. 

Sophie Binet a également critiqué la stratégie du gouvernement de faire fermer certains lycées (nouvelle fenêtre). Les cours sont ainsi « totalement ou partiellement » suspendus ce lundi dans 400 à 500 établissements, dès lors que les conditions de sécurité ne sont « pas réunies », a indiqué dimanche sur France 2 le ministre de l’Éducation Édouard Geffray. Il faut permettre « au personnel éducatif de faire son travail, d’ouvrir le dialogue avec les lycéens et les lycéennes », a rétorqué Sophie Binet. 

Pour elle, « il faudrait au contraire faire une journée banalisée », pour permettre aux élèves de « décider de leurs revendications et de leurs modes d’action », et ce « en sécurité dans leurs établissements scolaires ». Interrogée sur les violences qui ont émaillé certains blocages (nouvelle fenêtre), tandis que le gouvernement recense quelque 5.000 interpellations, la secrétaire générale de la CGT a toutefois estimé que « les violences desservent toujours les mobilisations », « parce qu’elles font diversion des revendications ». 

Les « conditions d’études » des lycéens « ont rarement été aussi dégradées », notamment parce que « le nombre d’enseignants non remplacés a doublé ces dix dernières années », a-t-elle affirmé. Par ailleurs, « la question des dégradations est mineure par rapport aux moyens à débloquer pour isoler nos établissements scolaires, mettre à niveau le bâti scolaire », a-t-elle aussi argué, exigeant du gouvernement des « annonces concrètes ». 

M.L.

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