- En meeting dans l’Isère ce dimanche, Jean-Luc Mélenchon a annoncé la censure avant même l’examen du budget 2027.
- Une déclaration à laquelle Sébastien Lecornu n’a pas tardé à réagir sur les réseaux sociaux, au lendemain d’une lettre aux parlementaires.
- Le leader de la France insoumise lui a vite répondu, accusant le Premier ministre d’avoir aggravé la dette sous les gouvernements d’Emmanuel Macron.
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La bataille a déjà commencé. Après avoir adressé une longue lettre aux parlementaires pour les mettre en garde contre l’absence de budget en 2027, au risque d’adopter une loi spéciale reconduisant les dépenses de 2026, c’est sur les réseaux sociaux que Sébastien Lecornu prend la plume ce dimanche afin de réagir aux critiques de la France insoumise, réunie en meeting à Châteauneuf-sur-Isère.
Alors que sa cheffe de file à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, a dénoncé sur BFMTV un « chantage »
de la part du Premier ministre, Jean-Luc Mélenchon a annoncé à la tribune que sa formation censurerait le texte, quoi qu’il arrive, mettant en garde contre « un nouveau bûcher de coupes rases qui va aggraver tous les maux »
.
Annoncer la censure avant même d’avoir travaillé le projet proposé, ce n’est pas faire son travail : c’est déserter
Annoncer la censure avant même d’avoir travaillé le projet proposé, ce n’est pas faire son travail : c’est déserter
Sébastien Lecornu
« Vous parlez de chantage. Non. Un budget, c’est le travail du Parlement »
, répond à la première Sébastien Lecornu. « Un député n’est ni un commentateur ni un lanceur d’alerte permanent. Il est élu et indemnisé par les Français pour examiner les textes, les amender, négocier et, ensuite, le cas échéant, les voter ou non. Annoncer la censure avant même d’avoir travaillé le projet proposé, ce n’est pas faire son travail : c’est déserter. »
Le Premier ministre fait également allusion à une conférence de presse en ligne, en juin dernier, au cours de laquelle Jean-Luc Mélenchon disait vouloir « foutre au feu »
une partie de la dette détenue par la Banque de France s’il entrait à l’Élysée. « C’est de l’escroquerie à l’état pur »,
réagit le chef du gouvernement.
« Si la France, qui doit lever 310 milliards d’euros cette année, reniait sa propre signature, qui nous prêtera encore ? Au mieux, les prêteurs – s’ils acceptent de prêter encore – exigeront des taux prohibitifs. Le crédit des familles et des entreprises suivra. La confiance et l’épargne seront fragilisées. L’économie souffrira »
, annonce Sébastien Lecornu.
« Au pire, l’accès de l’État au crédit sera coupé et il devra recourir à des hausses massives d’impôts sur tous les Français et à des coupes brutales »
, prévient-il. « Dans les écoles, les hôpitaux, la sécurité, l’écologie, la défense, les collectivités. Les plus fragiles seraient les premiers frappés. Il n’y a que deux catégories de gens pour formuler une telle proposition : ceux qui pensent s’enrichir en spéculant contre la dette française et ceux qui veulent détruire la zone euro. »
Ses leçons de sérieux sont d’autant plus inacceptables qu’il est lui-même responsable de 1.200 milliards de dette supplémentaire de la macronie
Ses leçons de sérieux sont d’autant plus inacceptables qu’il est lui-même responsable de 1.200 milliards de dette supplémentaire de la macronie
Jean-Luc Mélenchon sur X
Jean-Luc Mélenchon n’a pas tardé à réagir. « Les insultes et le mépris de Sébastien Lecornu pourraient se retourner contre lui »
, écrit-il en début de soirée sur X. « Ses leçons de sérieux sont d’autant plus inacceptables qu’il est lui-même responsable de 1.200 milliards de dette supplémentaire de la macronie, dont il est ministre depuis le début, et de son alourdissement depuis qu’il est lui-même Premier ministre. Lecornu arrive dans un débat en cours depuis vingt ans chez les économistes comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. »
Dans sa lettre adressée aux parlementaires, le Premier ministre promet « de poursuivre le redressement de nos finances publiques »
avec « des réformes structurelles »
même « si certaines paraîtront modestes prises isolément »
. Il assure en revanche ne pas vouloir « sacrifier les investissements qui garantissent notre souveraineté: défense, sécurité, justice, énergie, industrie, recherche, adaptation au changement climatique »
.
Dans la Drôme, Jean-Luc Mélenchon a, lui, promis « de faire payer l’impôt aux dizaines de milliers de grandes fortunes et aux multinationales qui n’en payent pas »
, d’instaurer « une taxe sur les superprofits comme la réclament six pays européens »
ou encore de relancer « la consommation populaire et l’investissement par l’augmentation des salaires et la suppression des niches fiscales prédatrices »
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La préparation du budget 2027 sera l’un des thèmes abordés ce lundi lors d’un conseil des ministres de rentrée présidé à l’Elysée par Emmanuel Macron. Dans une situation économique difficile, Sébastien Lecornu n’a pas encore fixé d’objectif de déficit pour 2027. Mais il s’est déjà dit « pas très optimiste »
sur le respect d’un déficit à 5% du PIB en 2026 après 5,1% en 2025.

