- L’épisode caniculaire de la fin juin a mis à rude épreuve les agriculteurs, et notamment les éleveurs, a déploré mardi la ministre Annie Genevard.
- Une « surmortalité notable » est à signaler : « 9.127 tonnes d’animaux morts », surtout des volailles, « ont été pris en charge par l’État », a-t-elle précisé.
- Pour autant, « les situations les plus critiques ont pu être maîtrisées », a aussi assuré la responsable, tout en estimant que les besoins en équarrissage pourraient augmenter.
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Canicule, vagues de chaleur, sécheresse, incendies… Un été 2026 de tous les dangers en France
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« La phase aiguë est passée, mais la vigilance demeure. »
La canicule de la fin du mois de juin a entraîné une « surmortalité notable »
dans les élevages (nouvelle fenêtre), avec plus de 9.000 tonnes d’animaux décédés à déplorer, a déclaré mardi 7 juillet la ministre de l’Agriculture Annie Genevard. La situation sanitaire est malgré tout restée « sous contrôle »
pendant cet épisode très éprouvant (nouvelle fenêtre), mais la France doit se préparer en cas de besoin d’équarissage plus important à l’avenir, a-t-elle ajouté.
Lors de cette canicule, « 9.127 tonnes d’animaux morts »
, surtout des volailles, « ont été pris en charge par l’État »
, a-t-elle déclaré au Sénat lors d’un point sur la gestion gouvernementale de cette période de chaleur historique (nouvelle fenêtre). Ces décès ont été « concentrés pour l’essentiel dans le Grand Ouest, la Bretagne représentant plus des deux tiers des volumes »
, a-t-elle précisé.
« Aucune rupture durable de la chaîne d’équarrissage », selon la ministre
Pour autant, « malgré l’ampleur inédite de la crise, la situation est demeurée sous contrôle. Il n’y a eu aucune rupture durable de la chaîne d’équarrissage »
, le traitement des animaux d’élevage morts, et « aucun risque sanitaire majeur identifié »
, a ajouté la ministre. Selon elle, « la perte de potentiel de
production de volailles
(nouvelle fenêtre) reste à ce stade limitée à environ 1% de la production annuelle nationale »
.
Annie Genevard a ensuite été interrogée par un sénateur sur un rapport du Conseil général de l’alimentation (CGAAER), publié en 2023, qui attirait alors l’attention sur le fonctionnement de l’équarrissage. Ce document s’inquiétait d’« un risque d’embolie d’un secteur »
géré par le privé, très concentré et dont les capacités se sont réduites.
Dans le cas de cette canicule, « certains animaux ne pouvaient pas être équarris »
, notamment des volailles qui se liquéfiaient, a répondu la ministre. « Donc ce n’est pas seulement la question de la disponibilité de la ressource en équarrissage, même si je partage (cette) analyse (…) sur la concentration des outils d’équarrissage »
, a-t-elle ajouté.
Face à cette situation, elle a assuré avoir « trouvé des solutions avec un protocole soigneusement établi »
, notamment par « collecte et traitement en usines d’équarrissage, ou collecte et enfouissement en unités dédiées »
, mais aussi « collecte et traitement en centres d’incinération »
. La ministre a aussi estimé que ce système pourrait être davantage sollicité à l’avenir. « Il faut se mettre dans l’hypothèse où les besoins en équarrissage, en élimination, soient plus importants »
, a-t-elle ajouté.
Des « dispositifs d’indemnisation » prévus une fois les chiffres « consolidés »
De manière générale, « les situations les plus critiques ont pu être maîtrisées »
, a insisté Annie Genevard, assurant que « face à cette crise, l’État a été au rendez-vous du premier jour au dernier hectare »
. Le ministère avait déjà annoncé notamment la mise à disposition de prêts de trésorerie pour que les éleveurs adaptent leurs bâtiments (nouvelle fenêtre), notamment pour la brumisation et la ventilation.
« La priorité »
de l’exécutif est désormais de « suivre les conséquences économiques »
, « préparer les dispositifs d’indemnisation dès que ces pertes seront consolidées »
, « poursuivre le suivi sanitaire »
, a égrené Annie Genevard. Mais aussi « tirer les enseignements de cet épisode pour renforcer durablement l’adaptation de notre agriculture
face au changement climatique
(nouvelle fenêtre)«
.
De manière générale, cette canicule historique a « très directement et durement frappé notre agriculture, secteur particulièrement exposé aux conséquences du dérèglement climatique »
, a appuyé la ministre. Elle a précisé par ailleurs qu’au niveau des cultures, « les premières remontées confirment des pertes conséquentes »
également. « Il apparaît que le maïs pourrait enregistrer jusqu’à 30% de pertes de production, l’arboriculture jusqu’à 20%. Et plusieurs productions maraîchères et de petits fruits rouges affichent des pertes de rendement pouvant atteindre 50 à 100% selon les bassins »
, a-t-elle détaillé.

