- L’état des nappes phréatiques s’est fortement détérioré depuis début juin, sous l’effet combiné d’un manque de précipitations et des chaleurs caniculaires.
- La quasi-totalité des réserves d’eau souterraines sont en baisse, et 54% des nappes se situent sous la normale, selon le Bureau de recherches géologiques et minières.
- « Cette situation est préoccupante et aura des impacts », a insisté la ministre de la Transition écologique Monique Barbut.
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Canicule, vagues de chaleur, sécheresse, incendies… Un été 2026 de tous les dangers en France
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En quelques semaines à peine, la situation a basculé. Encore dans un état « satisfaisant »
début juin, les nappes phréatiques métropolitaines ont vu leur état se « dégrader »
en raison du manque de pluies persistant et de la canicule de juin (nouvelle fenêtre), a annoncé mardi 7 juillet le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Plus de la moitié présentent désormais des niveaux sous les normales, augmentant les craintes d’une sécheresse estivale généralisée (nouvelle fenêtre).
Au 1er juillet, la quasi-totalité des réserves d’eau souterraines (93%) sont en baisse, contre 77% un mois plus tôt, a indiqué ce service géologique national français (nouvelle fenêtre). Dans le détail, 54% des nappes présentent des niveaux sous les normales, soit une totale inversion de tendance par rapport à début juin où 58% des points d’observation se situaient au-dessus ou autour des normales. Certaines nappes affichent même déjà des niveaux bas, comme dans le socle limousin et une partie du Grand-Est.
La vidange des nappes, phénomène classique pendant l’été, est cette année particulièrement « intense »
et « sévère »
, a souligné David Ratheau, hydrogéologue au BRGM lors d’un point presse. Cette « baisse généralisée »
s’explique par « un déficit de pluies efficaces depuis le mois de mai sur tout le territoire avec notamment une sécheresse plus marquée et des températures élevées au mois de juin »
, détaille l’établissement public.
« La demande en eau de tous les usagers augmente » avec la canicule
Ce mois-là a en effet été le mois de juin le plus chaud jamais enregistré en France (nouvelle fenêtre). La canicule d’une intensité exceptionnelle subie par le pays sur la deuxième quinzaine a accru la sécheresse des sols et favorisé l’évaporation de l’eau présente dans les sols, les lacs et les rivières, ainsi que l’évapotranspiration des plantes. L’eau a ainsi été d’autant moins disponible pour s’infiltrer en profondeur dans les nappes souterraines, tandis que plusieurs incendies se sont déclenchés à travers le pays (nouvelle fenêtre).
Par ailleurs « quand les températures augmentent, la demande en eau de tous les usagers augmente, ce qui engendre des prélèvements qui augmentent (…) que ce soit pour l’irrigation, l’alimentation en eau potable ou autre »
, a aussi rappelé David Ratheau. Résultat, la « situation globale se dégrade »
malgré une recharge hivernale excédentaire qui jusqu’ici avait permis l’état des nappes à un niveau « globalement satisfaisant »
, a expliqué l’hydrogéologue.
À date, « 97 départements ont déjà franchi au moins un seuil de gravité sécheresse »
, et 37 départements sont, au moins pour certaines parties, au niveau de « crise »
sécheresse, le niveau le plus élevé de restriction, a indiqué de son côté ce mardi la ministre de la Transition écologique Monique Barbut, lors d’une audition au Sénat sur la gestion de la canicule (nouvelle fenêtre).
« Certaines communes vont devoir rationner l’eau », selon la ministre
« La situation s’est fortement dégradée, et continue à l’être avec le manque de précipitations. Le niveau des nappes (phréatiques) est plus bas qu’en 2025 (à cette période de l’année, ndlr), le débit des cours d’eau est en baisse : de moins 20 à moins 40% par rapport au niveau habituel »
, s’est-elle inquiétée, précisant déjà que « certaines communes vont
devoir rationner l’eau
(nouvelle fenêtre)«
. « Cette situation est préoccupante et aura des impacts sur l’agriculture, l’économie voire la disponibilité en eau potable de façon localisée »
, a ajouté la ministre, qui a signé une « nouvelle circulaire »
qui « accélère les prises de décision au niveau local »
.
La situation est toutefois « nettement moins préoccupante qu’en 2022 »
, a souligné David Ratheau, du BRGM. Cette année-là, la France avait connu une sécheresse exceptionnelle (nouvelle fenêtre), avec jusqu’à 78 départements placés en « crise ». Plusieurs dizaines de communes avaient dû être ravitaillées en eau potable (nouvelle fenêtre).
Pour le reste de l’été 2026, les prévisions « demeurent incertaines »
selon le service national, qui anticipe que pour certaines nappes, le niveau sera « nécessairement inférieur à ceux observés en 2025 »
. Pour la majorité d’entre elles, la tendance baissière devrait se poursuivre, mais l’évolution dépendra toutefois des éventuelles précipitations estivales.
« Si jamais il pleut de façon satisfaisante, cela ne va pas recharger les nappes »
, a souligné David Ratheau, « mais par contre cela va satisfaire les besoins de la végétation (…) et réduire les prélèvements dans les nappes pour satisfaire les demandes des usagers »
. En revanche, si la sécheresse persiste, la situation de certaines nappes comme celle du socle limousin « serait préoccupante »
, a averti le BRGM.

