- Chaque année, 35.000 oiseaux sont accidentellement capturés par les bateaux de pêche dans l’Hexagone.
- Pour faire face, certains pêcheurs testent différentes techniques pour les protéger, comme des cerfs-volants à l’arrière de leurs embarcations.
- Toutes les explications dans ce reportage du JT de TF1.
Suivez la couverture complète
Initiatives environnementales
Dans le golfe de Gascogne, c’est un drôle d’oiseau que l’on voit accroché à l’arrière de certains bateaux de pêche depuis plusieurs mois, comme celui que l’on aperçoit dans le reportage visible en tête d’article. Un outil qui agit en fait comme un épouvantail : le rôle de ce cerf-volant est d’effrayer les goélands (nouvelle fenêtre) et surtout les fous de Bassan, une espèce protégée.
Car attirés par les appâts placés sur les hameçons, ces oiseaux plongent et peuvent se retrouver coincés dans les lignes de pêche. « On ne le garde pas toute la journée autour de nous, pour ne pas qu’ils s’habituent aux pièges »
, explique devant les équipes du 20H Sébastien Gas, pêcheur, qui tient tout de même à nuancer : « C’est complètement artisanal. C’est de manière artisanale qu’il faut avancer parce qu’en fait, il n’y a pas deux régions qui travaillent de la même manière. C’est du cas par cas, c’est saison par saison. »
Une expérimentation de trois ans
Ce dispositif fait partie d’une expérimentation à grande échelle démarrée en décembre dernier et qui durera trois ans. Des dizaines de techniques sont testées partout en France, alors que chaque année, près de 35.000 oiseaux sont capturés accidentellement (nouvelle fenêtre) par des bateaux de pêche.
« Des fois, c’est peut-être les solutions les plus simples aussi qui sont les meilleures
, explique face à notre caméra Valentin Loirat, chargé de mission pour le Projet Life, de la Ligue de Protection des Oiseaux. Le but l’année prochaine, c’est de tester un autre dispositif qu’on va appeler les bandelettes d’effarouchement : une longue ligne qui va jusqu’à 20-30 mètres derrière le navire avec des bandelettes qui vont faire du bruit »
.

Autre région, autre dispositif. En Méditerranée, les pêcheurs de thon rouge testent des hameçons arrondis. Ils permettent de relâcher immédiatement les requins ou les raies qui s’y accrochent. Des dispositifs sonores sont aussi à l’étude pour éloigner les dauphins, alors que leurs captures accidentelles entraînent depuis trois ans un arrêt total de la pêche (nouvelle fenêtre) dans le golfe de Gascogne entre mi-janvier et mi-février. Des fermetures que les professionnels veulent aujourd’hui éviter.
« L’idée, c’est vraiment de tester des dispositifs pour qu’au final les bateaux puissent aller en mer, continuer à pêcher avec ces dispositifs-là »
, assure Emilie Roche, chargée de mission au comité départemental des pêches maritimes et des élevages marins de Charente-Maritime. Avec un budget d’environ 8 millions d’euros, le programme vise à réduire la mortalité de 23 espèces protégées.

