• L’incendie qui ravage la Gironde a déjà parcouru 3.400 hectares et contraint près de 20.000 personnes à évacuer en vingt-quatre heures.
  • Invité ce jeudi du 20H de TF1, le directeur général de la Sécurité civile, Julien Marion, évoque une saison des feux « historique ».
  • Il dit par ailleurs partager la colère des habitants face aux départs de feu d’origine humaine.

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Près du bassin d’Arcachon, l’incendie parti mercredi (nouvelle fenêtre) de Saumos a parcouru au moins 3.400 hectares et contraint près de 20.000 personnes à quitter les lieux en vingt-quatre heures, la plupart depuis des campings. Il était, jeudi 23 juillet en fin d’après-midi, « contenu » au nord de Lège-Cap-Ferret, selon la préfecture, sans être encore stabilisé. Dans le Var, le feu parti mardi d’un champ à Pontevès a parcouru près de 2.500 hectares et n’était toujours pas fixé dans la soirée, tandis que cinq départements étaient classés en rouge pour un risque de feu de forêt « très élevé ».

Face à l’ampleur de la crise, les renforts s’organisent. La Commission européenne a annoncé jeudi le déploiement de trois avions bombardiers d’eau. L’avion militaire A400M sera lui aussi déployé « d’ici fin juillet » sur la lutte contre les feux de forêt. Une lutte sans merci, qui a déjà coûté la vie à trois sapeurs-pompiers (nouvelle fenêtre). Julien Marion, directeur général de la Sécurité civile, pilote la réponse de l’État face à ces feux. Il a répondu aux questions de Jean-Baptiste Boursier dans le 20H de TF1.

On est en présence d’une saison des feux complètement inédite

Julien Marion, directeur général de la Sécurité civile

Sommes-nous au cœur du pire été de l’histoire ?

On est au cœur d’une saison des feux totalement inédite et, on peut le dire, oui, historique. Je voudrais vraiment rendre hommage à ces sapeurs-pompiers qui se battent de manière héroïque (nouvelle fenêtre) depuis plusieurs semaines contre des incendies hors normes. Avoir aussi une pensée pour Wilfried et Anthony, parce que deux sapeurs-pompiers, trois avec celui de Savoie, ont perdu la vie. C’est trois de trop. Mais oui, on est clairement en présence d’une saison des feux complètement inédite par son ampleur.

Cela veut dire qu’il faut changer de braquet, changer les moyens, accélérer ?

Il y a beaucoup de choses qui devront évoluer à l’issue de cette saison des feux. Le fait, par exemple, que le risque de feu de forêt concerne aujourd’hui la quasi-totalité de notre territoire et pas uniquement le sud de la France. On l’a vu en forêt de Fontainebleau (nouvelle fenêtre) il y a quelques jours, dans l’Ouest, en Bretagne. Oui, il va falloir faire évoluer notre dispositif. Mais notre dispositif est robuste, je tiens à le dire.

Il faut appeler à une prise de conscience collective

Julien Marion

Neuf feux sur dix sont d’origine humaine. Les habitants sont en colère. L’êtes-vous aussi ?

Cette colère, je la comprends, et je la partage. Quand on envoie des sapeurs-pompiers risquer leur vie pour éteindre des incendies qui, neuf fois sur dix, pourraient être évités (nouvelle fenêtre), oui, il y a de quoi être en colère. Je pense qu’il faut vraiment appeler à une prise de conscience collective. On ne peut pas, comme cela, risquer la vie de nos sapeurs-pompiers. C’est inadmissible.

La peine maximale encourue pour un incendie involontaire est de cinq ans d’emprisonnement. Est-ce suffisant ?

Je suis très sensible à ce qu’a dit le procureur de la République de Bordeaux. Je crois qu’il y a effectivement une nécessité d’adapter la réponse pour ces personnes qui, parfois de manière volontaire, mais parfois par négligence ou par imprudence, mettent en jeu la vie de nos sapeurs-pompiers. Cela n’est pas acceptable.

Nous essayons de garder un temps d’avance sur l’événement

Julien Marion

L’Union européenne envoie des moyens supplémentaires en Gironde. Le fait-elle parce que nous manquons de moyens ?

Nous avons des moyens très conséquents, des moyens terrestres et aériens (nouvelle fenêtre) nombreux. Nous sommes aussi capables de les répartir de manière agile. Mais oui, face à une saison des feux aussi inédite, nous avons besoin de renforts. C’est ce que nous proposent nos partenaires européens, et c’est très appréciable.

Cela signifie-t-il qu’il ne faut pas davantage recruter de pompiers, ni acquérir plus de Canadair ou d’hélicoptères en France ?

Nous avons bien entendu des choses à faire évoluer, et notamment à adapter le dimensionnement de nos moyens à ces saisons des feux que nous sommes en train de vivre. Mais je voudrais dire quand même que nous avons des moyens qui sont suffisants. Nous avons un bilan humain dramatique du côté des sapeurs-pompiers, mais le bilan dans la population, heureusement, est très limité.

Êtes-vous inquiet pour les jours et les semaines qui viennent ?

Mobilisé, concentré. C’est un combat de tous les jours, un combat de tous les instants. Nous essayons de garder un temps d’avance sur l’événement, et je peux vous dire que la détermination et l’engagement sont totales.

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