• Les agriculteurs sont en première ligne face au changement climatique, et souvent les premiers à réagir.
  • Dans le Lot-et-Garonne, certains maraîchers plantent désormais des amandiers aux côtés de leurs traditionnels pruniers.
  • Une nouveauté au pays du pruneau d’Agen, mais les amandiers sont plus adaptés aux canicules et moins gourmands en eau.

Ajoutez TF1info à vos sources sur Google

C’est une route de campagne qui symbolise une révolution dans le Lot-et-Garonne, connu pour son fameux pruneau d’Agen, obtenu par séchage de la prune, que l’on découvre dans le reportage du 13H ci-dessus. À gauche, des pruniers aux feuillages abîmés, à droite, des amandiers bien verts. Tous appartiennent au même arboriculteur, installé à Penne-d’Agenais, que nous retrouvons en pleine récolte d’amandes, qui représente aujourd’hui 20% de son exploitation. 

C’est le climat qui nous fait changer de culture.

Guy Roux, arboriculteur à Penne-d’Agenais (Lot-et-Garonne)

Les amandiers sont bien plus adaptés aux canicules et moins gourmands en eau que les pruniers. « J’ai arrosé deux fois moins ces vergers que le prunier. Ici, on a une amande qui est protégée par les feuilles et on a quand même de très beaux fruits », montre Guy Roux à la caméra de TF1. Des fruits moins sensibles aux fortes chaleurs que les prunes, que l’on cultive ici depuis 1910. « C’est le climat qui nous fait changer de culture et qui nous apporte de nouvelles cultures sur l’exploitation pour essayer d’avoir une pérennité et que mon fils puisse s’installer », explique l’arboriculteur. 

Il suffit de se rendre dans son verger de pruniers pour comprendre le problème. « Regardez le peu de prunes qu’on récolte sur le tapis », soupire-t-il. Avec les canicules de cet été, il a perdu la moitié de sa production. « On a même du mal à décrocher les dernières, même en vibrant très fort, dû à cette canicule qui nous bloque la fin de la maturité », montre-t-il. 

À gauche, des pruniers abîmés, à droite, des amandiers bien verts, dans une exploitation de Penne-d’Agenais, septembre 2026. – TF1

Pire encore, 10% de ses pruniers n’ont pas survécu aux fortes chaleurs. Les arbres doivent être coupés et remplacés. « Depuis le mois de mai, nous n’avons pas eu d’eau, ou très très peu. On voit des fruits complètement atrophiés », explique l’arboriculteur. Diversifier est dès lors une question de survie, pour les quelque 700 producteurs de pruneaux d’Agen, dont une trentaine seulement s’est pour l’instant lancée dans la culture de l’amande. 

Une filière commence à se mettre en place pour transformer et valoriser ce fruit sec. Une entreprise locale a investi un million d’euros pour créer un atelier de transformation. Ici, les amandes sont torréfiées pour être commercialisées nature, caramélisées ou encore enrobées de chocolat. « Plus le produit est transformé, plus il y a de marge. Donc l’idée, c’est d’avoir une vraie filière super rentable », résume Sylvain Vergnes, le co-gérant de la société Escoute. 

Mais alors, est-ce que demain, on parlera plus de l’amande que du pruneau d’Agen dans la région ? « On ne va pas arrêter de faire du pruneau, on va continuer à en faire. Mais ça devient un peu dangereux d’être sur une monoculture, vu les problèmes climatiques que nous avons. Donc c’était plutôt intéressant d’assurer aux producteurs un autre revenu au cas où », estime Sylvain Vergnes. Et il ne compte pas s’arrêter là. Après l’amande, certains producteurs du Lot-et-Garonne envisagent de se lancer dans la culture de cacahuètes et de pistaches.

La rédaction de TF1info | Reportage : Julien ROUX, Brieuc LETURMY et Pierre LIMPENS

Share.
Exit mobile version