- L’annonce d’un cancer du sein bouleverse la patiente, mais aussi son conjoint, ses enfants et ses amis.
- Luz, Damien, Audrey et deux spécialistes de l’accompagnement racontent comment l’entourage peut devenir un appui, sans modèle unique.
- En ce mois d’Octobre Rose, le dispositif d’annonce rappelle que les proches ont toute leur place dès les premiers rendez-vous.
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Octobre Rose
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Dans le cabinet du médecin, Luz ne pleure pas. En 2013, elle apprend qu’elle a un cancer du sein, enceinte de son troisième enfant. Elle s’y était préparée, avec une mère et une grand-mère déjà touchées. Pendant les mois de traitement, c’est son mari qui tiendra la maison et les trois enfants. Les amis sont là. Tout le monde fait front. « Malade, j’ai vraiment compris à quel point j’étais aimée »
, raconte Luz à TF1info, l’émotion dans la voix.
Chacun réagit à sa manière
Damien, lui, a voulu tout dire, tout de suite. Dès la radio de sa compagne Cécile, ce chef de projet a prévenu la famille et commencé à organiser la suite. Cécile préférait attendre les résultats. « Il ne faut pas cacher les choses »
, estime-t-il, tout en laissant Cécile lui dire ce dont elle a besoin. Face à l’annonce, il refuse de parler de triste nouvelle. « C’est un nouveau combat. »
tonne-t-il, déterminé.
Ces décalages n’ont rien d’anormal. Valérie a été psychologue pendant vingt ans dans un service de cancérologie à Lyon et a accompagné près de 17.000 malades et proches. Elle le résume simplement. « Chacun fait comme il peut et il n’y a pas une bonne façon de réagir face à un cancer. »
Être là, sans prendre toute la place
Quand son amie a appris sa maladie, Audrey, à Toulouse, s’est d’abord demandé quoi faire. « J’ai essayé d’être présente sans être envahissante »
, raconte-t-elle à TF1info. Nada Benzakour, hypnothérapeute, déconseille pourtant la phrase pleine de bonnes intentions « Il faut être forte » qui ajoute un poids à celle qui en porte déjà beaucoup. « Je préfère une phrase comme “Je suis là. Tu n’as pas besoin d’être forte avec moi. Dis-moi ce dont tu as besoin.” »
Récupérer les enfants, préparer un repas, accompagner à un rendez-vous, prendre en charge une démarche, l’aide concrète soulage souvent plus qu’un long discours.
Les proches peuvent aussi s’appuyer sur le dispositif d’annonce, instauré en 2005 par le premier Plan cancer. L’Institut national du cancer conseille de venir accompagné à la consultation médicale. Elle est suivie d’un temps d’accompagnement soignant, souvent avec un infirmier, ouvert aux proches, pour réexpliquer les traitements et repérer les besoins en soutien psychologique ou social. Un moment précieux pour poser, à deux, les questions qu’on n’a pas osé formuler.

