- Les notaires parisiens anticipent un besoin d' »industrialisation » de leur métier pour suivre le mouvement de « grande transmission » du patrimoine des « baby-boomers ».
- Le montant annuel des successions pourrait atteindre 600 milliards avec les quelque 9.000 milliards d’euros de patrimoine qui vont être transmis entre 2025 et 2040.
Le montant annuel des successions est estimé actuellement entre 300 et 400 milliards d’euros et pourrait atteindre 600 milliards avec les quelque 9.000 milliards d’euros de patrimoine qui vont être transmis entre 2025 et 2040, rappelle un livret blanc de le Chambre des notaires de Paris, publié jeudi. Le phénomène s’explique par la disparition attendue des enfants du « baby-boom », une génération qui possède une grande partie des 15.000 milliards d’euros constituant le patrimoine total des Français, dont la valeur a fortement augmenté ces dernières décennies sous l’effet notamment de la hausse des prix de l’immobilier.
Le « choc d’héritage »
a déjà commencé, « on est déjà dans une accélération du processus de transmission, poussé aussi par des incertitudes fiscales »,
observe Sophie Thibert-Belaman, première vice-présidente de la Chambre des notaires de Paris.
« Une industrialisation du processus »
Ce transfert massif de richesse, plus de deux fois et demi la dette française actuelle, a attisé les convoitises de personnalités politiques de gauche et du centre, appuyés par des économistes, qui ont appelé à taxer davantage les héritages lors de l’élaboration du dernier budget de l’État.
Pour les notaires, c’est en tout cas synonyme de plus de travail. « Il faut se préparer à ce que nos solutions artisanales ne suffisent plus »
et il « faudra peut-être une industrialisation du processus »,
notamment via l’intelligence artificielle qui pourrait permettre de passer plus de temps sur le « qualitatif »
des décisions, prévient Pierre Tarrade, président de la Chambre des notaires de Paris.
L’autre défi va être de s’adapter à la « complexité »
des successions, notamment avec les familles recomposées, les familles binationales, les actifs numériques (cryptomonnaies) et autres évolutions démographiques et économiques.
Entre 1990 et 2022, la part des couples avec enfants parmi les ménages français est passée de 37% à 24%. Désormais, 10,4% des enfants vivent au sein d’une famille recomposée. « 50% des successions ne sont pas classiques, et cela va devenir la norme »,
assure Pierre Tarrade. Selon le livret blanc des notaires parisiens la grande transmission passera « de plus en plus par des donations et montages anticipés (assurance vie, démembrement, pactes Dutreil ou équivalent), qui abaissent l’âge moyen auquel on reçoit un capital significatif ».
France Stratégie estime que près de 60% du patrimoine total des ménages provient de l’héritage actuellement.

