• Manon Relandeau a disparu le 27 mars dernier, à Saint-Étienne-de-Montluc, en Loire-Atlantique.
  • Son conjoint a été interpellé avec leur fille un mois plus tard, en Algérie.
  • De nationalité algérienne, il est aujourd’hui le principal suspect dans cette affaire.

Un mois après le dernier signe de vie de Manon Relandeau en Loire-Atlantique, son compagnon a été arrêté à des milliers de kilomètres. L’homme de 41 ans, principal suspect dans l’enquête sur la disparition de l’agricultrice de 31 ans, a été interpellé (nouvelle fenêtre) le 27 avril par les forces de l’ordre en Algérie, après qu’une notice rouge d’Interpol a été émise contre lui. La fillette du couple, âgée de 15 mois, se trouvait à ses côtés au moment de son arrestation. 

Si une enquête a été ouverte par le parquet de Nantes pour des faits d’enlèvement et de meurtre, il n’est pas certain que le suspect puisse être entendu par les agents français chargés des investigations. En effet, l’homme est de nationalité algérienne, ce qui suspend cette décision au bon vouloir d’Alger. TF1info vous explique. 

Une convention signée en 2021

En 2021, les gouvernements français puis algérien ont ratifié une nouvelle convention d’extradition (nouvelle fenêtre), remplaçant celle obsolète de 1964. Le texte en vigueur (nouvelle fenêtre) prévoit que les parties « s’engagent à se livrer réciproquement, selon les règles et sous les conditions établies par (cette) convention, les personnes poursuivies ou condamnées par leurs autorités judiciaires compétentes ». Le suspect pourrait donc être extradé vers la France, en vertu de cet accord. 

Mais le texte prévoit également, à son article 3, que « l’extradition n’est pas accordée si la personne réclamée a la nationalité de la partie requise ». Ce qui est précisément le cas dans cette affaire puisque le suspect est algérien. Si « la partie requise n’extrade pas son ressortissant, elle devra, à la demande de la partie requérante, soumettre l’affaire aux autorités compétentes afin que des poursuites judiciaires puissent être exercées s’il y a lieu ». 

Une enquête devra donc être menée en Algérie, facilitée par l’envoi par la France d’« une demande de poursuite accompagnée des dossiers (…) relatifs à l’infraction en sa possession ». Ce que confirme Maître Abderrazak Boudjelti, président de l’Union des avocats franco-algériens, cité par Ici Pays de la Loire (nouvelle fenêtre) et selon qui « les pays n’extradent pas leurs ressortissants ». 

Dernière hypothèse peu probable, les autorités algériennes peuvent décider de faire preuve de coopération, comme elles l’ont fait par ailleurs en interpellant le suspect après l’alerte donnée par Interpol. Et ainsi d’extrader l’homme déjà condamné en 2019 à Nantes, pour des faits de violences conjugales. Mais les relations entre Paris et Alger ne sont pas au beau fixe, ce qui ne joue pas en la faveur des enquêteurs français qui pourraient se heurter au net refus de leurs homologues.

Caroline QUEVRAIN

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