• Trois sapeurs-pompiers sont décédés en intervention depuis le début de l’été.
  • Face aux incendies qui se multiplient dans le pays, les syndicats de la profession tirent la sonnette d’alarme.
  • Épuisement, manque d’effectifs, problèmes matériels… Les pompiers sont « inquiets » et craignent « d’autres drames ».

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Deux sapeurs-pompiers professionnels sont morts mardi 21 juillet, piégés dans leur camion-citerne par un feu de pins « très virulent » aux abords de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac (Gironde). Au lendemain de ce drame, qui s’ajoute au décès d’un jeune sapeur-pompier volontaire lors d’une intervention en Savoie le 8 juillet, les syndicats dénoncent un manque d’effectifs et alertent sur l’état de fatigue de troupes éprouvées par les multiples incendies d’une saison de feux exceptionnelle.

Porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, Éric Brocardi pointe une situation de « tensions permanentes » face à la « surcharge opérationnelle » des sapeurs-pompiers. « À chaque fois qu’il y a des morts, il y a des hommages, mais le problème de fond des moyens n’est pas traité », déplore Sandy Leroy, délégué CGT du Sdis des Landes, qui craint que cette saison de feux « démarrée très tôt » ne se solde par « d’autres drames ».

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez est attendu à la caserne de Saint-Médard-en-Jalles mercredi 22 juillet en fin de journée pour rencontrer les familles et les collègues des pompiers décédés. Deux jours plus tôt, il assurait sur France Inter que le pays avait « suffisamment de moyens » pour lutter contre les incendies. « Dire que tout va bien n’est pas une réalité », répliquent les syndicats de la profession.

On arrive au bout d’un système qui va exploser

Bruno Ménard, porte-parole national du syndicat des pompiers volontaires

« On parle beaucoup de matériel mais les plus grosses difficultés sont sur les ressources humaines », renchérit Bruno Ménard, porte-parole national du syndicat des pompiers volontaires, qui représentent 80% des effectifs. « Certains sont lessivés, ils sont envoyés en renfort d’un département à l’autre, dorment sur des lits picots entre les camions dans un hangar. Voire, entre deux interventions, repartent travailler chez leur employeur, ajoute-t-il. On arrive au bout d’un système qui va exploser. »

« La fatigue est un ennemi lors des feux de forêts, par l’intensité des missions et la durée des engagements », abonde Sébastien Delavoux (CGT). Les agents, « rincés », peuvent connaître « des pertes de lucidité », avec des risques d’intoxication réels, insiste-t-il. Plus de 42.000 hectares ont brûlé en France entre janvier et mi-juillet, dépassant le précédent record de 2022, selon les données satellitaires du système européen Effis. 

Ce qu’on vit, c’est juste le début de ce qui nous a été annoncé

Delphine Renaud, secrétaire générale CGT du Sdis 86

Dans la Vienne, Delphine Renaud, secrétaire générale CGT du Sdis, se dit « inquiète » pour la suite de l’été, alors que le syndicat alerte « depuis des années » sur le manque de moyens dans ce département. « Ce qu’on vit, c’est juste le début de ce qui nous a été annoncé. Il y a de l’épuisement, on prend de plus en plus de risques en pariant sur le facteur chance », ajoute-t-elle, déplorant  un manque d’anticipation face à l’impact du changement climatique.

David Saquet, président de l’Unsa Pompiers, explique aussi le « surengagement des personnels » par leur activité courante qui s’ajoute aux feux. Les récents épisodes caniculaires avaient déjà engendré une hausse des interventions de secours. « La ressource n’est pas intarissable et les corps sont mis à rude épreuve, il y a de la fatigue physique, mentale », souligne le syndicaliste.

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