- Le président de la République était l’invité du 20H de TF1 ce jeudi 24 septembre.
- Menace russe, prix des carburants, dissolution… Le chef de l’État a passé en revue plusieurs grands enjeux actuels et des semaines à venir.
- TF1info vous résume les principales déclarations d’Emmanuel Macron.
En plein tumulte géopolitique mondial, face à la hausse historique des prix des carburants, Emmanuel Macron était appelé à s’exprimer sur de nombreux défis. Lors d’un entretien au JT de 20H de TF1 (nouvelle fenêtre), ce jeudi 24 septembre, le président de la République est revenu sur l’importance de la menace russe, mais aussi le conflit en cours au Moyen-Orient, et sa volonté de poursuivre les efforts diplomatiques pour faire chuter les prix de l’énergie.
Le locataire de l’Élysée s’est également prononcé sur les leviers pour limiter ces hausses à la pompe en France, avant de se pencher sur les semaines politiques à venir dans le pays.
La France cible potentielle des « actes hostiles » russes
- Le chef de l’État a d’abord évoqué un enjeu de sécurité crucial : l’attitude menaçante de la Russie à l’égard de l’Europe et de notre pays. Si la CIA
« n’a pas informé les services français »
d’une possible attaque de drones russes qui auraient visé le sud de la France, contrairement à ce qu’avaient affirmé des médias étrangers, il n’empêche que la situation« monte en tension »
, a-t-il alerté. La France pourrait même subir une tentative d’attaque au drone comme celle qui a visé début août l’aéroport de Leipzig en Allemagne (nouvelle fenêtre), attribuée par Berlin à la Russie :« Ma réponse est oui »
, a-t-il indiqué. - Sans vouloir
« participer à l’escalade »
verbale, il a ainsi constaté que Moscou« multiplie les actes hostiles, et parfois criminels, à l’égard des pays européens »
, car elle« considère que l’Europe, c’est la profondeur stratégique de l’Ukraine »
. Ces actes peuvent potentiellement« tuer »
, même si cela n’a pas été le cas jusqu’alors, a prévenu le président. Il a indiqué au passage que le scénario d’une nouvelle mobilisation en Russie (nouvelle fenêtre), qui pourrait concerner autour de« 300.000 hommes »
qui seraient envoyés combattre en Ukraine,« nous paraît crédible »
.« On continue d’être aux côtés »
des Ukrainiens, a-t-il martelé.
L’action « diplomatique » prioritaire face à la flambée des prix du carburant
- Sur un autre sujet brûlant, la hausse des prix du carburant, Emmanuel Macron a assumé vouloir faire baisser les prix en misant d’abord sur des efforts diplomatiques.
« Très conscient »
du quotidien difficile des automobilistes face à des tarifs inédits à la pompe (nouvelle fenêtre), il a assuré vouloir« agir d’abord diplomatiquement »
. Il a défendu notamment le projet de double moratoire sur les frappes menées contre les sites énergétiques ukrainiens et les raffineries russes, soulignant que l’offensive ukrainienne des derniers mois répondait aux attaques russes de l’hiver passé sur les propres« capacités énergétiques »
de Kiev. - La
« première explication »
de la flambée des prix reste toutefois la situation dans le détroit d’Ormuz, verrouillé par l’Iran dans le cadre du conflit avec les États-Unis, a-t-il souligné. Sur ce front, la France va« tout faire, par une discussion avec les Iraniens, les Omanais,
pour rouvrir ce détroit
(nouvelle fenêtre)«
, a insisté Emmanuel Macron. - Le président veut aussi agir en mer Rouge, où
« plusieurs millions de barils circulaient à travers l’Arabie saoudite »
avant le conflit, via« le site de Yanbu »
,« très abîmé par une attaque »
de combattants pro-iraniens, les Houthis (nouvelle fenêtre).« Nous nous engageons pour le sécuriser. Nous allons envoyer des moyens militaires, des soldats, des radars, des systèmes de défense pour protéger ce site »
, a-t-il lancé. Des avions Rafale pourraient-ils être mobilisés ?« On verra l’évolution et, selon les besoins, on en a dans la région »
, a-t-il répondu. Ces efforts devraient permettre in fine un« impact immédiat sur les prix à la pompe »
en cas de détente sur place.
Une baisse de taxes « très coûteuse », mais « il ne faut rien exclure »
- Emmanuel Macron s’est aussi penché sur le risque de pénuries d’énergie en France, selon lui écarté pour l’instant sur trois mois, grâce à des discussions avec
« beaucoup de nos fournisseurs pour sécuriser les volumes »
.« D’ici à la fin de l’année, on s’est mis en situation d’avoir ce dont on a besoin
en diesel, en gaz, en fioul
(nouvelle fenêtre)«
, a-t-il énuméré.« Si la crise devait empirer ou durer, on va continuer d’agir pour ne pas être confrontés à ces risques d’approvisionnement. »
- Le chef de l’État a aussi soutenu les choix
« proportionnés »
du gouvernement pour soulager les automobilistes (nouvelle fenêtre) les plus modestes, notamment via la poursuite des aides pour les gros rouleurs, tout en défendant la priorité portée aux efforts diplomatiques.« Notre intérêt, c’est plutôt de baisser les prix avant de baisser les taxes. Sinon on ferait payer au contribuable français les conséquences de la géopolitique »
, a-t-il argué, fustigeant des propos« démagogiques »
. - Le président n’a pas pour autant fermé complètement la porte à une baisse de taxes en cas de nouvelle flambée des prix :
« en fonction de l’évolution, il ne faut rien exclure »
, a-t-il lancé. Tout en maintenant que ce n’était« pas la décision la plus vertueuse »
, parce qu’elle serait« très coûteuse et pas ciblée »
(nouvelle fenêtre).« Sur un mois, baisser 20 centimes, c’est un milliard d’euros »
en moins pour les caisses publiques, a-t-il ajouté, une mesure pourtant plébiscitée par plusieurs candidats à la présidentielle (nouvelle fenêtre) 2027.« Mais rien n’est fermé. (…) Le gouvernement fera tout ce qu’il faut et accompagnera »
les automobilistes, a-t-il assuré.
Une nouvelle dissolution « pas souhaitable »
- Enfin, Emmanuel Macron s’est aussi penché sur la situation politique interne : il a défendu le budget du gouvernement pour 2027, une copie de
« responsabilité »
et non pas« d’austérité »
selon lui. Visant 54 milliards d’économies (nouvelle fenêtre), cette feuille de route est« responsable et juste »
, a-t-il estimé, appelant les groupes politiques à la voter, pour que l’exécutif puisse« aider nos compatriotes »
. - Interrogé sur les réactions des oppositions, il a exclu toute dissolution. Tout en assumant le choix de dissoudre l’Assemblée nationale en juin 2024 (nouvelle fenêtre), pour remettre
« le pouvoir aux Français »
, il a estimé que réitérer cette fois serait« mauvais aujourd’hui »
,« à huit mois d’une présidentielle »
.« On ajouterait à la guerre, aux problèmes de pouvoir d’achat et à un budget à passer, l’instabilité politique. On bloquerait le prochain président ou la prochaine présidente de la possibilité de faire cette dissolution et se reconstruire une majorité »
, a-t-il anticipé.« Donc ce n’est pas souhaitable. »
Emmanuel Macron a également glissé une phrase, en toute fin d’entretien, au sujet de la venue du pape Léon XIV, qui arrivera en France vendredi pour une visite de quatre jours, une première pour le souverain pontife. Cette visite marquera un « moment important de la vie de la nation »
, a souligné le président, qui accueillera le chef de l’Église catholique à l’aéroport vendredi matin, mais n’assistera pas à ses messes.

