• Depuis plusieurs années, un quartier de la ville de Gaillard, en Haute-Savoie, vit au rythme du trafic de drogue et des règlements de comptes.
  • Face à ces violences, le maire a décidé de cibler les consommateurs.
  • Une campagne choc qu’il explique à une équipe de TF1.

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Malgré de nombreuses opérations de police, le trafic de drogue se poursuit inlassablement dans le quartier du Chalet à Gaillard, ville de Haute-Savoie de 12.000 habitants, près de la frontière suisse. Le jour du reportage de TF1, un guetteur veille à l’entrée, non loin des trafiquants. À seulement quelques mètres, le maire, Antoine Bloin, a décidé de contre-attaquer à sa manière. Il tient dans ses mains une affiche, avec un slogan choc : « Ton achat provoque des tirs ». Sous le texte, une image montre des balles d’armes à feu, et un échange de produits illicites entre un dealer et un consommateur. « Elle s’adresse aux acheteurs qui viennent sur le quartier pour faire leurs transactions », précise-t-il dans le reportage du 20H visible en tête de cet article.

TF1

Essayons de faire appel à l’intelligence, à la prise de conscience de l’acte des consommateurs.

Antoine Bloin, maire de Gaillard (Haute-Savoie)

Cette campagne choc sera installée dès ce vendredi 4 septembre sur les abribus et sur des panneaux d’affichage, tout au long du parcours emprunté par les clients de ce point de deal. « Essayons de faire appel à l’intelligence, à la prise de conscience de l’acte des consommateurs. Ils viennent dans le quartier, ça dure une minute, ils font leurs transactions, ils repartent. Le problème, c’est que répéter toute la journée, ça finit par faire des flots d’argent. Des flots d’argent qui attirent aujourd’hui une envie de prendre le pouvoir », estime l’édile. 

Depuis plusieurs années, ce quartier vit au rythme du trafic et des règlements de comptes. Sept fusillades ont été recensées cet été. Une guerre de territoire qui se joue devant des habitants calfeutrés chez eux. Une riveraine a accepté de prendre la parole. Elle adhère à l’initiative de son maire et s’en explique : « Elle est bien cette affiche. Mais les gens n’ont pas conscience de ce que ça peut faire. J’ai mon fils qui a pris de la drogue pendant 20 ans, ça l’a complètement bousillé, sa vie est foutue », martèle-t-elle. 

Un quartier stratégique près de la frontière

Le chiffre d’affaires de ce point de deal est estimé entre 5.000 et 10.000 euros par jour. Un trafic très lucratif qui ne disparaîtra pas selon certains jeunes du quartier. « Les consommateurs, ils n’en ont rien à foutre. D’où vient leur produit, qu’est-ce qu’il a causé, qu’est-ce qu’il va causer plus tard… Ça ne va rien changer », réagit l’un d’eux. Il faut dire qu’à Gaillard, la frontière avec la Suisse empêche souvent l’interpellation des dealers. « Ils courent de l’autre côté du cours d’eau et ils se retrouvent en Suisse ‘hors de portée’ de la police », souligne Antoine Bloin. 

Face à ces contraintes, le maire cible donc les consommateurs. Mais dans la ville, les habitants sont partagés. « C’est inadmissible de laisser ça comme ça. C’est sûr qu’il faut réagir. C’est bien déjà de faire ça. Il faut commencer par quelque chose », approuve une mère de famille. Un retraité est plus dubitatif : « Je ne suis pas sûr qu’une simple affiche suffise pour arrêter la drogue ». Des caméras de vidéoprotection devraient aussi être installées dans ce quartier dans les prochaines semaines. 

Virginie FAUROUX | Reportage TF1 : Yaniss MATISSE et Sylvain FARGEOT

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