• Vingt ans de travaux et près d’1,5 milliard d’euros dépensés : voilà le programme du démantèlement des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim.
  • Une équipe de TF1 a pu visiter en exclusivité ce chantier hors norme.

Suivez la couverture complète

Le 20H

C’est un immense chantier et un immense défi pour déconstruire en toute sécurité l’ancienne centrale nucléaire de Fessenheim, dans le Haut-Rhin, notamment ses parties les plus sensibles comme les réacteurs, avec des pièces qui font parfois 20 mètres de haut, comme le générateur de vapeur. 

« On va le couper en deux, à 3, 4 mètres sous nos pieds, pour le faire sortir. Parce qu’en fait, il n’a pas été conçu pour être sorti en un morceau », explique Adrien Picard, chef de projet, dans le reportage ci-dessus. 

C’est un crève-cœur de voir cette centrale à l’arrêt. Tout qui commence à se démanteler. Mais c’est malheureusement comme ça

Julien Merabet, technicien de maintenance chez EDF

Des machines ont été spécifiquement fabriquées pour le démantèlement, comme une grue télescopique. « On peut aller jusqu’à 20 mètres et à 20 mètres, on peut lever trois tonnes. Donc c’est deux voitures. On peut en tous points du bâtiment l’utiliser », précise le chef de projet. Avec une émotion particulière pour ceux qui ont travaillé ici, quand la centrale produisait encore de l’électricité. « C’est un crève-cœur de voir cette centrale à l’arrêt. Tout commence à se démanteler. Mais c’est malheureusement comme ça », estime Julien Merabet, technicien de maintenance chez EDF. 

La découpe de certaines petites pièces a déjà débuté et beaucoup ne présentent aucune trace de radioactivité. « Cette pièce n’est pas du tout radioactive. Elle a été découpée, contrôlée. Néanmoins, on va quand même la conditionner dans des colis de stockage appropriés. C’est le principe de précaution », souligne Adrien Picard. Ces pièces, non radioactives ou très faiblement, seront ensuite déplacées dans deux centres de stockage situés dans l’Aube. Le combustible, lui, a déjà été retiré en 2022 des piscines du réacteur qui protègent des radiations. 

Avant de détruire le bâtiment, il faut s’assurer que la radioactivité a été entièrement éliminée. Voilà comment. « Donc là, ils sont en train de faire des mesures pour détecter s’il y a de la présence de radioactivité ou pas sur ces murs, sur les sols. Tant qu’on en trouve, on va venir gratter pour retirer la radioactivité », détaille Johann Maisonneuve, chef de projet. 

La cuve du réacteur, en revanche, sera radioactive. Elle sera retirée dans dix ans, comme celle qui a été extraite l’an dernier d’un autre réacteur plus petit et plus ancien. Les bâtiments de la centrale seront, eux, détruits en 2045. Et en 2048, le site deviendra une zone industrielle prête à accueillir de nouvelles usines. 

V. F | Reportage : Pierre GALLACCIO et Alexandre GAUDIN

Share.
Exit mobile version