- Dans une récente publication, l’Anses met en avant une source méconnue d’intoxication au monoxyde de carbone.
- Elle évoque ainsi le risque lié au stockage de pellets, ces granulés de bois utilisés pour le chauffage.
- Ces combustibles doivent être stockés dans un local à bonne distance des pièces de vie et disposant d’une ventilation.
Dans le dernier numéro de son « bulletin des vigilances », l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) s’est penchée (nouvelle fenêtre) sur « une source peu connue d’intoxication par le monoxyde de carbone »
. L’institution met ainsi en avant le stockage des pellets, ces « granulés de bois utilisés comme combustible de chauffage »
. Lorsqu’ils sont entreposés, « ils peuvent émettre naturellement et sans combustion du monoxyde de carbone et provoquer ainsi des intoxications parfois mortelles ».
Veiller à une bonne aération
La plupart du temps, les pellets sont « commandés en grande quantité »
par les particuliers, note l’Anses, « jusqu’à plusieurs
tonnes »
. Ils sont alors « stockés en vrac dans un silo ou sur palettes, dans des sachets
entreposés
dans un local »
. C’est précisément lors de cette période de stockage qu’un danger peut survenir. En effet, les granulés stockés « peuvent émettre du CO sans combustion, par auto-échauffement résultant d’une oxydation naturelle des acides gras du bois ».
L’Anses souligne que « les émissions de CO diminuent avec le temps »
, mais qu’elles sont susceptibles de croître avec la température : « Dès 15°C, l’émission peut déjà dépasser plusieurs centaines de ppm et être dix à quinze fois supérieure à 40°C ».
L’essence du bois peut elle aussi constituer un facteur de risque supplémentaire, puisque « certaines sont plus émissives, par exemple le pin et le sapin »
. L’épicéa, en revanche, est moins sujet à ces émissions.
Pour illustrer les risques potentiels liés au stockage des pellets, l’Anses prend l’exemple d’un homme de 87 ans, intoxiqué en 2025 et qui avait dû être pris en charge par les pompiers. Le monoxyde de carbone qui a failli lui coûter la vie avait été généré par « un stock de quatre tonnes de pellets situé dans le sous-sol de sa maison »
. L’agence de sécurité sanitaire précise que « le local de stockage n’étant ni ventilé ni isolé du reste de la maison »
, si bien que le monoxyde de carbone « s’était accumulé et avait diffusé vers les pièces de vie adjacentes ».
Si vous vous chauffez grâce à des granulés, il ne faut pas pour autant sombrer dans la psychose. L’Anses insiste en effet sur le fait que ce risque demeure « rare »
et en profite pour partager quelques recommandations. Les pellets « doivent être stockés dans un local totalement isolé du reste des pièces d’habitation et disposant d’une ventilation adéquate »
. Si vous avez des doutes sur la sécurité de vos installations, le bon réflexe consiste à « se rapprocher de l’installateur du poêle ou du fournisseur de pellets ».

