- Jean-Luc Mélenchon a officialisé dimanche soir sur TF1 sa candidature à l’élection présidentielle de 2027.
- Une annonce qui ne fait pas l’unanimité à gauche, en particulier chez les socialistes.
- Ses détracteurs pensent qu’il est « la meilleure assurance vie de l’extrême droite ».
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Élection présidentielle 2027
« Oui, je suis candidat »
, a confirmé Jean-Luc Mélenchon dimanche soir sur le plateau du 20H de TF1. L’ex-député a été désigné par les élus insoumis pour être leur candidat à la prochaine élection présidentielle de 2027. Celui qui avait laissé entendre en 2022 qu’il passerait la main pour la prochaine campagne a justifié l’annonce d’une quatrième candidature en indiquant être « le mieux préparé »
au sein de son mouvement « pour faire face à la situation qui arrive »
, à savoir la menace « d’une guerre généralisée »
, le « changement spectaculaire du climat »
et la perspective d‘ »une crise économique et sociale »
. Si La France insoumise se réjouit de pouvoir lancer sa campagne à moins d’un an du scrutin, le reste de la gauche est plus dubitatif, voire carrément railleur.
« Je ne pense pas que ce soit le bon candidat »
, a ainsi déclaré ce lundi 4 mai sur TF1 le député socialiste et candidat à la présidentielle Jérôme Guedj. Jean-Luc Mélenchon « pense qu’il est l’homme providentiel, or force est de constater qu’il ne l’est pas ou en tous les cas qu’il ne peut plus l’être »
, a-t-il balayé, ajoutant : « Il veut être un candidat peut-être bon de premier tour, mais je ne peux que constater qu’il n’est pas en capacité d’être le barrage à l’extrême droite au second tour. » « Si Jean-Luc Mélenchon se qualifie au second tour de l’élection présidentielle, alors c’est la certitude de la victoire du RN »
, pense même l’élu de l’Essonne.
Sans surprise, c’est dans les rangs du PS que l’on compte le plus de réactions négatives à l’annonce de Jean-Luc Mélenchon, qui entretient de mauvaises relations avec son ancien parti. Quand l’Insoumis estime que sa défaite aux portes du second tour en 2022 est en partie due aux socialistes qui avaient choisi de présenter un candidat, le PS en a assez des méthodes du leader de LFI, qui a théorisé que le conflit était « à la base de la pensée »
. Les cadres du PS reprochent notamment régulièrement à Jean-Luc Mélenchon ses sorties qu’ils suspectent d’antisémitisme, notamment celles où, pendant la campagne des élections municipales, il avait ironisé ou déformé les patronymes juifs « Epstein » et « Glucksmann ».
Il a fracturé le pays, il a fracturé la gauche, il met sous tension de manière permanente
Il a fracturé le pays, il a fracturé la gauche, il met sous tension de manière permanente
Pierre Jouvet
« Plus personne ne veut de Jean-Luc Mélenchon, ni à gauche, ni dans le pays »
, a ainsi lancé ce lundi sur franceinfo
Pierre Jouvet, secrétaire général du Parti socialiste (PS). Ce dernier estime qu’il est « l’homme politique le plus détesté de ce pays »
et « la meilleure assurance vie de l’extrême droite »
. « Il a fracturé le pays, il a fracturé la gauche, il met sous tension de manière permanente »
, a-t-il ajouté.
« Après un magistral ‘faites mieux’ en 2022, Jean-Luc Mélenchon ne résiste finalement pas à se présenter une quatrième fois à l’élection présidentielle »
, a également commenté sur X le porte-parole du groupe PS à l’Assemblée nationale Romain Eskenazi. « Cette candidature est légitime, elle incarne une gauche radicale dans laquelle se reconnaît une partie de l’électorat de gauche. Mais Jean-Luc Mélenchon ne peut pas gagner face au RN. C’est le revers de médaille de ses postures qui lui assurent un socle électoral de 10% mais un rejet de 70% des Français »
, a-t-il ajouté. Comme Pierre Jouvet, il appelle maintenant la gauche non-mélenchoniste à accélérer pour désigner son candidat.
J’espère que vous saurez vous souvenir que cet homme n’a pas de parole
J’espère que vous saurez vous souvenir que cet homme n’a pas de parole
Raquel Garrido
Jean-Luc Mélenchon, mauvais candidat pour battre le RN, c’est aussi l’analyse de son ancien lieutenant Alexis Corbière, en rupture avec LFI depuis les législatives anticipées de 2024. « Le rejet de la personne de Mélenchon risque d’être un accélérateur de la victoire du RN. Le mandat que les gens vont donner, ce sera à quelqu’un qui peut battre le RN au second tour. Et là-dessus, Jean-Luc Mélenchon n’est pas celui qui optimise cet impératif. Il le complique »
, analyse-t-il dans Le Parisien
.
Et si personne d’autre n’a émergé dans le camp insoumis en quatre ans, c’est parce que Jean-Luc Mélenchon n’a rien fait pour, estime Raquel Garrido, elle aussi ex-députée insoumise brouillée avec LFI, citée par Le Parisien
. « Il a consacré toute son énergie, depuis quatre ans, à empêcher qu’une autre figure Insoumise ne puisse être tranquillement et solidement mise en condition d’être candidate à la présidentielle. J’espère que vous saurez vous souvenir que cet homme n’a pas de parole. »

