• Le dérèglement climatique n’épargne pas nos viticulteurs. Cette année, les vendanges sont encore plus précoces. Les températures caniculaires de l’été ont bouleversé le calendrier des récoltes, jusqu’à trois semaines d’avance par endroits. Au-delà des conséquences sur les raisins, se pose le problème du recrutement. Bon nombre de saisonniers sont encore en vacances et les logements sont, pour certains, encore occupés par les touristes. Un casse-tête logistique, notamment en Ardèche et en Champagne.

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Ils n’imaginaient pas commencer leur vendange si tôt. A Chauzon en Ardèche, les températures caniculaires de l’été ont bouleversé le calendrier de récolte qui ont une dizaine de jours d’avance. « C’est exceptionnel, on l’a vu en 2022 et en 2003 lors de la première canicule », explique dans le reportage en tête de cet article, Cyril Jaquin, président des vignerons ardéchois à Ruoms. En 2003, la récolte ici avait commencé un 3 août, encore plus tôt donc. « Ça n’a pas de conséquence sur la qualité du vin, mais dans l’organisation, ça veut dire qu’il faut qu’on soit prêt en cave dès début août alors qu’il y a 20 ans, on vendangeait au mois de septembre », précise-t-il.

Il faut faire venir l’ensemble du personnel en avance. En Champagne, 150 vendangeurs sont attendus une semaine plus tôt que prévu, à une période où tous ne sont pas encore disponibles. « Si on prend l’exemple des étudiants, certains peuvent avoir pris un peu de congé. Ceux qui sont en poste ont peut-être posé leur congé au mauvais moment », explique Sébastien Rigobert, viticulteur et président de coopérative vinicole de Bouzy dans la Marne. Il faut aussi trouver des hébergements rapidement, au dernier moment, en pleine période estivale. « Les gîtes qui sont utilisés, les centres de vacances que l’on utilise pour héberger des vendangeurs, sont pour partie encore occupés par des touristes », poursuit ce dernier.

« On a dû faire revenir certaines personnes de leurs congés »

Il a aussi fallu préparer le pressoir, les salles de travail, à la hâte. Sans compter que travailler une semaine plus tôt, au cœur du mois d’août, avec cette chaleur, cela change tout. « Il est probable qu’on démarre des cueillettes, si le jour le permet, vers 6h, 6h30 », prévoit Sébastien Rigobert.

C’est le cas dans un domaine des Pyrénées-Orientales où a été tournée une partie de notre reportage. Les vendanges y commencent tôt le matin, et ce, dès juillet. Les saisonniers ne sont pas encore sur place, ce sont donc les employés d’autres services qui ont dû s’y mettre. « Ici, Lisa qui s’occupe de l’accueil et du caveau, Marion qui est responsable sport. Il y a un peu de tout, de l’informatique, du marketing, du commerce. On a dû faire revenir certaines personnes de leur congé », illustre Jean-Marc Lafage, vigneron.

Pour le vin, cette fois, conséquence du dérèglement climatique, des cépages historiques pourraient disparaître de certaines régions, désormais trop chaudes pour les accueillir. En 20 ans, les vendanges se sont avancées en moyenne d’environ 15 jours

La rédaction de TF1info | Reportage Guillaume BERTRAND, Vincent DITCH et Gwenaëlle VINDRESTIN

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