• Un ouvrier agricole de 45 ans a été condamné par le tribunal de Niort à trois ans de prison ferme, dont un avec sursis, pour avoir provoqué 11 départs de feu.
  • Commis dans les Deux-Sèvres et le Maine-et-Loire, tous ces incendies étaient « voulus et volontaires », a souligné la procureure.
  • Elle a décrit « un incendiaire » souffrant d’une pathologie dépressive.

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Il assure n’avoir « aucune explication » pour justifier son geste, mais avoir « entendu des voix » lui intimant de passer à l’acte. Un ouvrier agricole, Emmanuel G., jugé mardi 11 août à Niort en comparution immédiate, a été condamné à trois ans d’emprisonnement, dont un avec sursis. Il a été reconnu coupable d’avoir provoqué 11 départs de feu (nouvelle fenêtre) avec un chalumeau dans les départements des Deux-Sèvres (nouvelle fenêtre) et du Maine-et-Loire.

Ces incendies, commis entre le 25 juillet et le 7 août, « ont heureusement été assez rapidement maîtrisés et neutralisés », a affirmé la procureure Dorothée Dietz. Mais tous « sont voulus et sont volontaires », a ajouté la magistrate, dont les réquisitions ont été suivies par le tribunal. Un suivi sociojudiciaire de quatre ans avec obligation d’injonction de soins a également été prononcé.

« J’avais un ras-le-bol de choses »

L’homme de 45 ans était en détention provisoire depuis dimanche, après avoir été interpellé vendredi à bord de son véhicule. Un chalumeau a été retrouvé dans le coffre de sa camionnette, selon nos informations. En arrêt de travail et sans casier judiciaire, cet ouvrier agricole a reconnu les faits, mais sans parvenir à justifier son geste à la barre. 

« Je n’ai aucune explication. (…) J’avais un ras-le-bol de choses, je ne comprends pas », a-t-il déclaré, interrogé sur ses motivations par le président du tribunal. Il a affirmé plus tard avoir « eu des visions » et « entendu des voix » lui disant de « mettre le feu ». « C’est une personnalité inquiétante », « un incendiaire » avec une pathologie dépressive, mais pas un pyromane (nouvelle fenêtre), a souligné la procureure, s’appuyant sur l’expertise psychiatrique qui a également exclu toute altération du discernement. 

Reste que pour la défense de l’ouvrier agricole, cet état psychologique n’a pas été suffisamment pris en compte dans le jugement. « Quand on lui pose la question, il ne sait pas pourquoi il allume ces incendies (nouvelle fenêtre)« , a insisté son avocat Me Olivier Martinez, dans le reportage du 20H de TF1 en tête d’article. « Il est en dépression – ce que tout le monde reconnaît, ce que l’expert reconnaît. C’est cette dépression qui peut expliquer ce passage à l’acte », a-t-il assuré, jugeant la peine de son client trop lourde. 

De leur côté, les pompiers ont souligné la dangerosité de ces comportements (nouvelle fenêtre). « C’est compliqué pour nous de savoir que c’est une origine humaine (du sinistre) qui peut menacer la vie de nos concitoyens, mais également celle des sapeurs-pompiers engagés sur le terrain », a réagi depuis le tribunal le colonel Sébastien Roux, chef de corps et directeur départemental du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) des Deux-Sèvres, dans cette même vidéo. 

Depuis le début de la saison, 458 personnes ont été interpellées en lien avec des départs de feu, dont 175 mineurs, selon le ministère de l’Intérieur. Au total, au moins 120.000 hectares ont été parcourus par les flammes à travers le pays, dont 42.000 hectares lors d’un mégafeu en Gironde.

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