- Loïk Le Priol et Romain Bouvier ont été reconnus coupables de meurtre et de tentative de meurtre pour la mort du rugbyman argentin Federico Martín Aramburú en 2022.
- Ils ont été condamnés à 26 et 19 ans de prison, vendredi 25 septembre, à l’énoncé du verdict.
- La cour n’a toutefois pas retenu le caractère prémédité des faits.
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Un ex-rugbyman du Top 14 assassiné à Paris
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La cour d’assises de Paris a condamné respectivement Loïk Le Priol et Romain Bouvier à 26 ans et 19 ans de prison, jugés pour le meurtre du rugbyman argentin Federico Martín Aramburú en mars 2022.
L’accusation avait requis 27 ans de prison contre Loïk Le Priol, un ancien militaire de 32 ans qui avait été radié de l’armée, responsable des deux coups mortels tirés dans le dos de la victime, qui n’était elle-même pas armée. Il a été reconnu coupable de meurtre et a été contraint à une injonction de soins en plus de sa peine de prison.
La cour n’a toutefois pas retenu le caractère prémédité du meurtre. « La préméditation suppose un dessein réfléchi, une volonté mûre et réfléchie. À l’issue des débats, il n’a pu être établie l’existence d’une concertation préalable entre Loïk Le Priol et Romain Bouvier »
, a déclaré le président de la cour.
Romain Bouvier a quant à lui été reconnu coupable de tentative de meurtre, lui qui avait été le premier à tirer le soir des faits.
Deux autres personnes condamnées
La cour a également condamné l’ancienne compagne de Loïk Le Priol à trois ans de prison dont 30 mois avec sursis, la reconnaissant coupable d’avoir fait obstacle à la manifestation de la vérité. Elle était au volant de la voiture d’où est descendu Romain Bouvier avant de faire feu et était accusée de dissimulation de preuves et d’altération d’une scène de crime. Elle a toutefois été acquittée du chef de complicité de tentative de meurtre.
Un troisième homme, coupable lui aussi de délit d’entrave à la manifestation de la vérité, a écopé de trois ans de prison avec sursis. Il était reproché à l’individu de 37 ans d’avoir assisté Romain Bouvier dans sa courte cavale et de l’avoir aidé à se débarrasser de son arme.
Un meurtre sur fond d’altercation
Le 19 mars 2022, Loïk Le Priol et Romain Bouvier, deux anciens militants évoluant dans la mouvance de l’organisation étudiante dissoute GUD (Groupe Union Défense), aux idéologies fascistes, fascinés par les armes et la violence, ont tiré sur l’ex-rugbyman Federico Martín Aramburú au terme d’une bagarre alcoolisée dans une brasserie parisienne.
Lors du procès, la cour a noté « une fascination pour les armes »
ainsi qu’une « idéologie mortifère et violente »
dont les accusés se « nourriss(aient) lors des faits »
.
Le soir des faits, les deux hommes avaient tiré à plusieurs reprises sur la victime, vidant l’intégralité de leur chargeur. Au cours du procès, ils ont expliqué s’être défendus face à Federico Martín Aramburú et son ami et ancien coéquipier, Shaun Hegarty. Ils ont dit s’être crus en danger, en proie à « la peur »
et à « la panique totale »
dans un contexte de bagarre.
Mais les débats ont mis à mal la défense des deux hommes qui, le jour du crime, n’auraient pas dû être ensemble : ils avaient interdiction de se côtoyer car ils avaient participé en 2015 au tabassage du président du GUD, chez lui, dans un règlement de comptes violent au sein de l’ultradroite. Federico Martín Arambur a été victime « de l’alchimie funeste du duo formé par Loïk Le Priol et Romain Bouvier »
, a conclu le président de la cour d’assises.
Laurene ROCHETEAU avec Marie BELOT

