• Récit clinique de la cabale qui a précédé l’assassinat de Samuel Paty, « L’Abandon » est sorti le 13 mai au cinéma.
  • Présenté au Festival de Cannes, le film retrace les onze jours précédant l’assassinat du professeur d’histoire-géographie.
  • Le gouvernement encourage les élèves et les enseignants à voir le long-métrage, mais ne souhaite pas les obliger.

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Le gouvernement « encourage » à voir L’Abandon, film sur l’assassinat de Samuel Paty en 2020. Mais ne compte pas « obliger » les élèves ou les enseignants au nom de la « liberté pédagogique », selon Sabrina Roubache, la ministre déléguée à l’enseignement professionnel. 

« La liberté pédagogique est un trésor. C’est cette liberté que défendait Samuel Paty et c’est celle de chaque enseignant. C’est au nom de cette liberté pédagogique qui s’impose à nous qu’il convient d’encourager à aller voir ce film, mais non de l’obliger », a-t-elle déclaré devant les députés.

« L’équipe du film a préparé un projet pédagogique qui est actuellement en cours de travail au sein de l’Éducation nationale, afin d’être mis à disposition des professeurs qui souhaiteront l’utiliser pour accompagner leurs élèves », a-t-elle indiqué.

Un film sans complaisance

Selon elle, le film réalisé par Vincent Garenq, sorti le 13 mai, « a le mérite rare de la justesse de ton » et « retrace de manière rigoureuse et équilibrée l’engrenage délétère et progressif qui a conduit à cet attentat terroriste islamiste ». « Il documente, il explique sans jamais céder ni à la simplification ni à la complaisance », a-t-elle soutenu, interrogée par le député Matthieu Bloch (UDR), qui a affirmé que sur les réseaux sociaux et dans les lycées « on observe le même refus de regarder la menace islamiste en face ». 

Il y a quelques jours, Stéphane Simon, le coproducteur du film et auteur du livre Les derniers jours de Samuel Paty, déclarait sur LCI espérer que le long-métrage soit projeté dans les écoles. « C’est ce moment-là de la scolarité où se fabrique l’esprit critique chez les élèves et pour nous, c’est important que, évidemment, l’Éducation nationale puisse montrer ce film au plus grand nombre, que des professeurs aillent le voir », avait-il dit.

Onze jours où tout a basculé

Le film retrace les onze jours d’octobre 2020 pendant lesquels ce professeur d’histoire-géographie est emporté par une campagne de haine, alimentée par le mensonge d’une élève, après un cours où avaient été montrées les caricatures de Mahomet publiées dans Charlie Hebdo

Cette cabale a débouché sur son assassinat par un jeune Tchétchène radicalisé le 16 octobre 2020. Inertie des institutions académiques et policières, désaveu de certains collègues… Le long-métrage décrit l’isolement croissant de Samuel Paty à mesure que grandit la campagne en ligne l’accusant, à tort, d’avoir stigmatisé des élèves musulmans.

Questionnée par ailleurs sur la possibilité de faire entrer au Panthéon Samuel Paty, Sabrina Roubache a redit que « cela pose la question de la forme la plus juste pour honorer sa mémoire ». « Ce qui est certain, c’est que Samuel Paty ne doit jamais être oublié et que la nation lui doit une reconnaissance à la mesure de son martyre », a-t-elle déclaré. Une pétition en ligne pour la panthéonisation de l’enseignant a recueilli 55.000 signatures à ce jour.

Rania HOBALLAH avec AFP

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