- De jour comme de nuit, les pompiers enchaînent les interventions et leur fatigue s’accumule.
- Pourtant, la période des feux de forêt, plus puissants d’année en année, ne fait que commencer.
- Plusieurs soldats du feu témoignent de cet épuisement dans ce reportage du JT de TF1.
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Le 20H
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Mais où trouvent-ils toute cette énergie ? Alors que les incendies se multiplient en ce début d’été, les pompiers n’en finissent plus d’enchaîner les interventions, de jour comme de nuit, parcourant parfois plusieurs dizaines de kilomètres pour se rendre le plus rapidement possible d’un feu à un autre. Le tout, alors que l’habituelle période des feux de forêt, plus puissants d’année en année, ne fait que commencer. Voilà désormais quarante-sept ans que le capitaine Gilles, chef de secteur, officie dans le Var. Tout juste rentré d’une intervention de renfort en Corse, il repart déjà sur le terrain, dans son département. « On sait qu’on a une saison difficile, qui a déjà démarré sur les chapeaux de roue »
, constate-t-il, interrogé par TF1 dans le reportage du 20H visible en tête de cet article. Avant de nous faire rencontrer ses équipes, ostensiblement exténuées.
« Il faut s’enquérir de la santé, de l’état physique, moral, savoir si les sapeurs ont eu un repos normal cette nuit, de façon à éviter les accidents »
, précise le capitaine Gilles. Près de lui, un lieutenant dirige les troupes avec attention et vigilance, avertissant de ne pas aller « plus loin que l’arbre là, parce qu’après vous ne pourrez pas passer, c’est trop pentu »
… Il s’agit pour lui du premier gros feu de la saison, très intense, dans une forêt des Arcs (Var). « On essaye de faire comme on peut… C’est physique, bien sûr »
, dit-il au sujet des plus de 40°C persistant au thermomètre, depuis trois jours que cette mission a débuté.
Pour soulager ces professionnels, des pompiers volontaires viennent compléter les rangs. Sans eux, impossible d’être sur tous les feux. Trop de points chauds à la fois… « Ça commence à piquer, parce qu’en fait on n’a plus de personnel »
, indique l’adjudant-chef Said, 54 ans. Un informaticien qui a posé des jours de congé pour venir en renfort et mener son harassante double vie : « Hier (lundi 20 juillet), j’ai réalisé du code informatique et aujourd’hui, je suis sur le feu. Je n’aurai pas de vacances de l’été. A priori, il y a des reprises, en limite de brûler. On peut dire ce qu’on veut mais ce n’est plus pareil qu’avant. La tête nous dit d’y aller mais le corps ne suit pas. »
Ce sont 24 heures de travail qui attendent ces volontaires, certains étant plus jeunes, comme Anaïs, 25 ans et professeure de sport à Marseille, qu’on voit déjà tituber quelque peu, sous l’effet de la fatigue.
Épuisés, tous tentent de garder de l’énergie. Car cette saison des feux, d’emblée particulièrement vive, est appelée à durer. « On a un mois d’avance sur les températures et on sait que très bien qu’on va avoir une saison qui va être très, très dure. Ma famille est très inquiète, surtout mes deux enfants, ça c’est sûr. Mais ils sont habitués, ça fait quand même quelques années que je suis pompier »
, témoigne un autre volontaire. Sur les visages, la fatigue est nettement lisible. Mais pas le temps d’y penser : ce mardi 21 juillet au soir, c’est-à-dire quelques heures plus tard, certains sont déjà remobilisés sur un autre feu puissant, à 40 km de là.

