• Depuis son élection il y a six mois, le maire de Sainte-Foy-lès-Lyon est la cible de nombreuses tentatives d’intimidation.
  • Tags, insultes, pneus crevés, tirs de mortiers… Il l’assure : ce sont les trafiquants de drogue qui le visent.
  • Une équipe de TF1 s’est rendue sur palce.

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 « Les tirs de mortier ont eu lieu ici, juste en dessous de mon balcon », montre-t-il. « C’est un petit peu flippant, comme on dit, d’être menacé directement », explique dans le reportage du JT de TF1 tête de cet article le maire de Sainte-Foy-lès-Lyon, Bruno Jacolin, cible de menaces d’une extrême violence, en pleine nuit, début juin. « J’étais directement menacé, et en plus il y avait le dialogue qui allait avec, le discours, en disant : vise le balcon du maire, on va fumer le maire », détaille-t-il, précisant que « c’était très violent dans l’expression. »

Dans un extrait filmé par un habitant, on voit un homme invectiver l’élu directement sous ses fenêtres. Un mois plus tôt, dans le même quartier populaire de la Graveline, des tirs de mortier l’avaient déjà ciblé. 

Selon lui, les auteurs cherchent à l’intimider depuis une réunion publique, qui s’est tenue en mai dernier, sur la sécurité du quartier, notamment la lutte contre le trafic de drogue. « Dès le lendemain, j’ai été victime de pneus crevés. Le surlendemain, j’ai eu les tags injurieux », énumère-t-il. Et de poursuivre : « Ça ne fait que renforcer nos convictions pour essayer de réduire ce trafic. » Quatre plaintes ont été déposées. 

Les habitants, eux, sont indignés. « On n’est pas au Far West, il ne faut pas menacer les gens », lance l’un d’eux. « En fait, c’est un choc. L’école est juste à côté, les crèches sont juste là également », abonde une autre. 

« Des maires sont agressés parce qu’ils sont maires »

En première ligne, confrontés aux habitants, des maires sont pris pour cibles. Rien que l’année dernière, 2500 atteintes aux élus ont été recensées. 1500 sur les 5 premiers mois de cette année, dont le maire d’Alès. En juillet dernier, en pleine nuit, ce dernier avait été exfiltré par le RAID à la suite de menaces. À la manœuvre : le groupe criminel de la DZ Mafia. 

Dans ce contexte, le président de l’association des maires demande une extrême fermeté à l’égard des délinquants. « Des maires sont agressés parce qu’ils sont maires. Il faut ensuite que les moyens de la justice suivent. Et on est dans la fiction dans laquelle nous nous trouvons actuellement, c’est-à-dire des annonces mais pas de moyens réels chez l’État régalien », commente David Lisnard. Agresser un maire, comme un pompier ou un policier, est passible de 10 ans de prison et de 150 000 euros d’amende.

La rédaction de TF1info | Reportage : Emmanuelle BINET, Léonard ATTAL, Gwénael VINDRESSTIN

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