• Pour faire des économies, des automobilistes remplacent l’essence de leur voiture par des huiles végétales.
  • Sur les réseaux sociaux, certains internautes expliquent que cette astuce fonctionne très bien si vous respectez certaines conditions.
  • Mais qu’en est-il vraiment ? Nous avons interrogé un expert automobile.

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Au cours des dernières semaines, le prix des carburants a augmenté de manière significative. Ce mercredi 9 septembre 2026, en France, le litre de gazole s’est vendu en moyenne 2,29 euros le litre, tandis que l’E10 était à 2,12 euros. Pour tenter de limiter les frais, des automobilistes ont trouvé une solution drastique : remplacer l’essence… par de l’huile végétale. Sur les réseaux sociaux, on retrouve plusieurs vidéos de conducteurs en train de faire leur plein avec des bouteilles d’huile de colza ou de tournesol. Mais cette pratique est-elle efficace, sans risques… et légale ?

Huile végétale dans le réservoir de votre voiture : une pratique légale ?

Tout d’abord, il est important de rappeler que le fait de mettre de l’huile végétale dans le réservoir de votre voiture (nouvelle fenêtre) est interdit par la loi. « Sont interdites l’utilisation à la carburation, la vente ou la mise en vente pour la carburation de produits dont l’utilisation et la vente pour cet usage n’ont pas été spécialement autorisées par des arrêtés du ministre chargé du Budget et du ministre chargé de l’Industrie », rappelle l’article 265 ter du Code des douanes (nouvelle fenêtre), avant de poursuivre : « On entend par huile végétale pure l’huile, brute ou raffinée, produite à partir de plantes oléagineuses sans modification chimique par pression, extraction ou procédés comparables. »

Plus concrètement, si vous utilisez de l’huile végétale pour faire fonctionner votre voiture sur la voie publique, il s’agit d’un détournement de destination fiscale. La raison ? En France, l’utilisation de carburant est soumise à la Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) et l’huile de cuisine n’est pas taxée comme carburant routier.

Huile végétale dans le réservoir de votre voiture : quelles sont les conséquences mécaniques ?

Sur les réseaux sociaux, certains conducteurs ont décidé de passer outre l’aspect illégal de la pratique. Il est pourtant fortement déconseillé d’y avoir recours. Interrogé par TF1info, Alexandre Mussard, formateur mécanique automobile au GARAC, l’École nationale des professions de l’automobile, explique que « les vieux diesel vont le supporter, mais en revanche, à froid, il y aura quand même des problèmes de démarrage ». L’expert ajoute : « Les véhicules récents avec des moteurs à injection directe sont trop fragiles. On risque donc d’endommager tous les éléments mécaniques. »

Si vous pensiez faire des économies en utilisant de l’huile végétale, ce ne sera en réalité pas le cas sur le long terme, car vous devrez multiplier les rendez-vous chez le garagiste. « Il faudrait alors être beaucoup plus vigilant sur l’entretien et faire des vidanges régulièrement. La combustion ne sera pas optimale, tout ce qui n’est pas brûlé va rester dans l’huile. Le moteur va s’encrasser plus vite […] C’est la viscosité de l’huile qui n’est pas similaire au gasoil. C’est beaucoup plus épais », conclut le spécialiste.

Tanguy JAILLANT pour TF1 INFO

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