• Laurent Nuñez appelle les forces de l’ordre à une « particulière vigilance » ce week-end.
  • Le ministre de l’Intérieur craint des débordements lors des manifestations contre la loi sur la présomption d’usage légitime des armes.
  • La présence de militants d’ultragauche est attendue dans une partie de la centaine de marches prévues en France.

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Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a appelé samedi les préfets et les responsables des forces de sécurité intérieure à une « particulière vigilance » lors des manifestations organisées ce week-end en France contre la loi instaurant une présomption d’usage légitime des armes.

« Ces rassemblements sont connus de longue date mais les dernières informations dont nous avons connaissance et qui ont été partagées avec vous laissent à penser qu’ils pourraient être émaillés d’incidents et de débordements », écrit-il dans un télégramme que l’AFP a pu consulter.

Une centaine de marches dans toute la France

Les adversaires de ce texte, qui doit encore passer devant le Sénat, y voient un « permis de tuer » accordé aux forces de l’ordre et « un recul de l’État de droit ». L’appel « Stop aux violences d’État », lancé contre la loi, a recueilli la signature de plus de 150 organisations : des collectifs locaux, mais aussi des formations politiques comme le Parti socialiste, Les Écologistes ou La France insoumise.

Une centaine de marches et de rassemblements doivent se tenir ce week-end à travers le pays, notamment à Marseille, Lyon, Lille, Bordeaux, Nice et Aix-en-Provence. À Paris, le cortège s’élancera dimanche à 14 heures de la place de la République. « Si la plupart des manifestations sont organisées par les milieux associatifs et syndicaux, des troubles à l’ordre public sont néanmoins susceptibles de se produire en raison de la participation prévisible de membres de la mouvance radicale d’ultragauche à certains rassemblements », écrit encore Laurent Nuñez dans ce télégramme destiné aux préfets, aux directeurs généraux de la police et de la gendarmerie nationale (DGPN et DGGN), ainsi qu’à la directrice générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Le ministre souligne en outre que « ces mobilisations se tiendront concomitamment avec les journées européennes du patrimoine », si bien que « des bâtiments publics peuvent être exceptionnellement ouverts au public. » « Dans ce contexte, je vous demande de faire preuve, à l’occasion de ces manifestations, d’une particulière vigilance », conclut-il. 

Le 7 juillet, l’Assemblée nationale a voté une proposition de loi établissant une présomption d’usage légitime des armes à feu par les forces de l’ordre: un policier ou un gendarme qui ouvre le feu sera présumé avoir agi dans le cadre légal. Une pétition hostile au texte a réuni 730.000 signatures sur le site de l’Assemblée nationale, avant d’être classée en juillet par les députés de la commission des Lois.

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