- Ils interviennent sur les grands événements et sont appelés en cas de colis piégé, mais une part importante de leur activité est consacrée à détruire les munitions des deux guerres mondiales.
- Avec à chaque fois un principe : ils n’ont aucun droit à l’erreur.
- Regardez ce reportage du 20H de TF1 sur les démineurs.
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Le 20H
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La vie ne tient parfois qu’à un fil. Il existe une unité qui la remet en jeu au quotidien : la sous-direction du déminage. Pour leur protection, ces agents de la Sécurité civile restent anonymes et agissent dans l’ombre. Une poignée d’entre eux, la section corde, intervient sur les déminages les plus périlleux. Dans le reportage du JT de TF1 visible en tête de cet article, trois agents doivent neutraliser un obus endormi depuis la Seconde Guerre mondiale, au plus profond d’un gouffre de Meurthe-et-Moselle. « Il reste encore des centaines d’années avant de voir le bout de toutes les munitions qui ont été utilisées pendant les deux grandes guerres. Le souci, c’est de mal manipuler une munition qui a vieilli. Ce n’est jamais sans risque
« , prévient l’un d’eux en pleine action. Une fois l’obus solidement attaché à une corde, reste à l’extraire de la cavité. « Il va falloir guider l’obus pour éviter qu’il cogne partout. C’est le moment le plus sensible de l’opération
« , poursuit l’agent. L’engin menace les spéléologues, les randonneurs à la surface. Son mécanisme peut s’activer en cas de choc : 50 kg, dont 10 de charge pure.
Il faudra encore 500 ans pour nettoyer le pays, un milliard d’obus ayant été tirés rien qu’en 14-18. À la fin des conflits, obus, mines et bombes d’aviation non utilisés sont jetés dans les grottes, étangs ou rivières. Chaque année, l’unité déterre 500 tonnes de ces munitions, scellées, acheminées sur des sites secrets du ministère de l’Intérieur, comme celui situé quelque part en Lorraine que montre notre reportage, pour les détruire une bonne fois pour toutes. « Celles-ci sont tellement dangereuses qu’un à-coup, les faire tomber au sol suffirait à les faire démarrer. On a toujours tendance à croire que plus c’est vieux, moins c’est dangereux. En fait, c’est complètement le contraire, plus c’est vieux et plus ça devient dangereux. Ça devient plus instable
« , souligne un agent avant de lancer une détonation : « Attention pour un tir ! 3, 2, 1…
»
Un entraînement obligatoire tous les 3 mois
Ces engins, la sous-direction du déminage en a détruit 49 millions, plus d’un toutes les minutes, depuis 1945. C’est sous l’impulsion du général De Gaulle que la mission des démineurs est née : nettoyer nos terres des munitions de guerre. Ils doivent les connaître à la perfection, plus de mille modèles, le calibre, leur sensibilité, le système de désamorçage… Voilà pourquoi l’unité ne compte dans ses rangs que 350 agents. « On a quand même beaucoup de volontaires pour peu d’élus. On a à peu près chaque année 150 dossiers, et en général, il en sort 12, 14 candidats qui vont intégrer l’école de déminage, parce qu’on sait que l’erreur n’est pas permise dans notre service
« , indique le capitaine Franz, chef du centre de déminage de Metz.
Tous sont policiers, parfois d’anciens membres de la BRI, du RAID, avec l’expérience du risque comme billet d’entrée. Tous les trois mois, ils suivent un entraînement obligatoire près de Nancy, à l’école de déminage, pour se préparer à un type d’intervention plus rare, plus exigeant, la menace terroriste. Lors de l’exercice filmé par notre équipe, une voiture suspecte a été repérée. « On a fait une première reconnaissance grâce aux caméras embarquées du robot, on voit qu’à l’arrière il y a une bouteille avec une espèce de charge
« , commente un agent derrière un écran d’ordinateur.
Sur ces missions, il faut obligatoirement s’approcher avec une combinaison lourde de 40 kg. Rien ne facilite la tâche, comme l’explique celui chargé de cette mission ce jour-là : « On a des brouilleurs, on a des drones, on a plein de matériel qui permettent d’exposer de moins en moins les opérateurs. Pour autant, il y a un moment donné où l’opérateur est quand même obligé d’aller mettre ses mains sur le colis
« . C’est un paradoxe : il faut poser une charge pour accéder à la bombe et la désamorcer. Le moyen le plus sûr, car souvent l’ouverture de la voiture est piégée. À cet instant, à la moindre imprécision, la vie du démineur peut s’arrêter : « Selon la taille du colis, si ça explose, on ne pourra pas faire grand-chose pour moi. Donc là, moi je me recule avec les mains dans le dos. C’est pour, en cas d’explosion, protéger la seule partie qui n’est pas protégée par la combinaison
« .
Le démineur doit ensuite savoir désamorcer l’engin, avec une méthode gardée secrète, qu’il soit explosif, chimique ou bactériologique, dans n’importe quelles conditions. Pour ça, le service compte dans son école un bus, un avion, un train, chaque milieu où il peut intervenir. « Les terroristes évoluent, la technologie évolue. Ils font des choses de plus en plus compliquées au fur et à mesure du temps. Nous aussi on évolue avec notre temps, on n’a pas le choix
« , lance l’un des agents.
Les démineurs sont envoyés à travers toute la France, et évidemment lors d’événements importants comme le G7. « On est vraiment, pour ainsi dire, les hommes de l’ombre. On ne le fait pas pour nous-mêmes, c’est-à-dire qu’on ne le fait pas pour la gloire. On le fait vraiment parce qu’on a la foi dans la sécurisation de ces différents événements, et nous, ça nous suffit
« , assure le capitaine Franz. Une devise officieuse se transmet de génération en génération : la première erreur d’un démineur est toujours sa dernière. Dans l’histoire du service, 621 d’entre eux ont perdu la vie. Tous se disent qu’ils en ont sauvé au moins des dizaines de milliers d’autres

