• Un mois après les annonces du gouvernement pour inciter les Français à électrifier les usages, la filière des pompes à chaleur est sollicitée.
  • Effy, spécialiste de la rénovation énergétique, enregistre par exemple une hausse de +140% des demandes en avril, comparé à l’an dernier.
  • Le leasing social « pompes à chaleur » ne sera toutefois disponible qu’à l’automne.

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Un raz-de-marée de pompes à chaleur sur la France ? Mi-avril, ce dispositif de chauffage occupait une grande place dans les annonces faites par Sébastien Lecornu, visant à électrifier les usages en France pour réduire notre dépendance aux énergies fossiles importées et réduire les factures des Français. Un « leasing social » des pompes à chaleur (PAC) était alors annoncé par la ministre de l’Energie, Maud Bregeon, avec une mensualisation du coût de la PAC sur trois ans. Ce dernier sera disponible à l’automne.

Mais un mois après les annonces, les Français n’ont pas attendu les détails du nouveau dispositif pour se lancer, selon les chiffres transmis à TF1 par différentes entreprises. Ainsi chez Effy, spécialiste de rénovation énergétique, une hausse de +140% des demandes de pompes à chaleur a été observée entre avril 2025 et avril 2026. 

+205% de demandes chez les foyers à hauts revenus

Chez Archenergie, une entreprise de rénovation installée à Bordeaux, une hausse de « +60%, voire +70% » a été observée pour les pompes à chaleur entre les mois de janvier et d’avril. Chez Homyos, une entreprise spécialiste des chantiers de rénovation d’ampleur, les demandes pour les pompes à chaleur ont été multipliées par 2,5 entre les mois de mars et avril. « Il y a une vraie notoriété du dispositif avec la hausse des prix du gaz et du fioul« , commente l’entreprise auprès de TF1.

Concrètement, chez Effy, ce sont d’abord les foyers chauffés via des énergies fossiles (gaz ou fioul) qui se tournent vers les pompes à chaleur : 75% des demandes émanent ainsi de ces maisons. Chez les personnes chauffées au gaz uniquement, la hausse est même de +191% entre les mois d’avril 2025 et avril 2026. « Une tendance qui peut s’expliquer d’une part par la flambée et la volatilité des prix du gaz, et d’autre part par les annonces du gouvernement sur les chaudières gaz (qui ne pourront plus donner lieu à des aides à la rénovation)« , avance Effy.

Le spécialiste de la rénovation énergétique a également étudié la composition fiscale des foyers à l’origine de ces demandes : la hausse vient surtout des foyers à hauts revenus (+205% en un an) « dont les motivations sont plutôt la quête de sécurité d’approvisionnement et de stabilité des prix« .  

Une répartition qui s’explique aussi par le fait que le dispositif de leasing social, qui vise les ménages à faibles revenus, ne sera déployé qu’à l’automne. Sans celui-ci, le coût d’entrée est trop élevé pour ces ménages, avec des dispositifs pouvant coûter jusqu’à 15.000 euros.

Les doutes de certains acteurs de la rénovation énergétique

Dans son plan électrification, Sébastien Lecornu avait spécifié que désormais « toutes les aides publiques pour les particuliers accompagneront l’installation de pompes à chaleur« , assurant que celles-ci permettaient de « diminuer par deux le coût du chauffage » tout en étant « fabriquées en France« . Le gouvernement prévoit ainsi l’installation d’un million de pompes à chaleur par an d’ici à 2030. 

Certains acteurs et experts de la rénovation énergétique émettent toutefois des réserves sur ce « tout PAC », estimant que les gains annoncés sur la facture pourraient être moindres si la maison n’est pas isolée par ailleurs. Selon l’Ademe, un tiers des installations ne donnent en effet pas les résultats escomptés, car « mal réglées » ou « mal installées« . 

Le gouvernement a lui assuré que l’objectif du leasing social était que les factures des foyers ayant installé une PAC soient moins élevées que leurs factures de gaz. 

Selon l’Insee, en 2022, 36% des résidences principales étaient chauffées à l’électricité, 35% au gaz, et 8,5% au fioul. Côté filière de production, les fabricants français de PAC doivent répondre à un appel à projets d’ici l’été pour savoir si leurs produits sont éligibles aux aides publiques. Pour cela, ils doivent notamment avoir été fabriqués en Europe.

Marianne ENAULT

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