- Cinq personnes ont été interpellées dans le démantèlement d’un trafic de stupéfiants par drone à la prison de Villefranche-sur-Saône, dans le Rhône.
- En une cinquantaine de jours, 1.850 colis seraient parvenus aux détenus.
- Avec à chaque fois une organisation bien rodée.
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Le 20H
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Autour de la maison d’arrêt de Villefranche-sur-Saône, les habitants évoquent des bruits étranges la nuit, des drones qui pendant plusieurs semaines ont survolé les toits de leur maison. « On les entend et puis après ça s’arrête et ça repasse, et ça s’arrête et ça repasse plusieurs fois dans la nuit. Il y a une période où on entendait toutes les nuits »,
déclare une habitante, dans le reportage ci-dessus.
Même son de cloche du côté des voisins d’en face. « Vers 3-4 heures du matin à peu près. Des fois le matin tôt aussi. Je croyais que c’était un frelon et après j’ai vu que c’était un drone »
, précise ce couple qui a souhaité témoigner anonymement.
La nuit, les effectifs sont réduits, les cellules sont fermées, ils se font livrer directement aux cellules. C’est open bar
La nuit, les effectifs sont réduits, les cellules sont fermées, ils se font livrer directement aux cellules. C’est open bar
Cédric Rochis, secrétaire général de l’UNSA Justice
Ces sons bizarres, répétitifs, sont le fruit d’un trafic de stupéfiants par drone pour fournir les détenus de la prison voisine. Pendant presque deux mois, 38 livraisons par jour ont eu lieu ici. « Ce sont des produits qui sont interdits dans l’enceinte de la maison d’arrêt. Des produits stupéfiants, des cartouches de cigarettes, de l’argent liquide »
, détaille le commandant Michael Ferreira de la compagnie de gendarmerie de Trévoux, dans l’Ain.
Lors des investigations, les enquêteurs ont saisi 500 grammes de cannabis, 6.000 euros en liquide et 18 batteries de drone. Selon nos informations, les engins décollaient depuis le parking d’une jardinerie. Une fois en l’air, il suffisait de quelques secondes de vol pour rejoindre la prison, située à peine 200 mètres plus loin. Le colis était ensuite récupéré directement par le détenu depuis la fenêtre de sa cellule, avant que le drone revienne à son point de départ.
Une technique qui permettait de passer au-dessus des filets antiprojections, très facilement contournés. « On ne va pas tirer sur le drone. La nuit, les effectifs sont réduits, les cellules sont fermées, ils se font livrer directement aux cellules. C’est open bar »
, déplore Cédric Rochis, secrétaire général de l’UNSA Justice.
Pris en flagrant délit le 4 août dernier, un mineur a été placé en centre éducatif fermé. Quatre adultes, dont trois ont été placés en détention provisoire, comparaîtront en octobre, précisent les gendarmes dans un communiqué. Ils risquent plus de dix ans de prison.
V. F | Reportage : Florian CHEVALLAY et Louis LÉGER

