• Dans son dernier ouvrage, Fabienne Delfour analyse les émotions des cétacés en combinant science et art.
  • Son objectif depuis trente ans : émerveiller pour mieux sensibiliser à la conservation.
  • Elle est l’invitée de Sylvia Amicone dans le podcast « Impact Positif ».

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Initiatives environnementales

Depuis trente ans, Fabienne Delfour étudie les mammifères et elle est l’une des cétologues en France. Auteure du livre « La sensibilité du cachalot. Les émotions des cétacés : une biologiste engagée à l’écoute« , aux éditions TANA, elle est l’invitée de Sylvia Amicone, dans le podcast Impact positif, l’émission qui vous parle des enjeux de la transition écologique et sociale. Ses observations, au plus près de ces incroyables créatures, permettent de « décrypter des postures, des vocalismes« , même si elle avoue ne pas encore tout comprendre. Dans son dernier ouvrage, l’idée était de « combiner les postures et les vocalisations« . Chez l’être humain, par exemple, la voix qui tremble trahit une forme de stress. « On peut retrouver ça aussi chez les animaux« , explique la biologiste. « Avoir les gestuelles, les comportements et les productions vocales concomitantes, ça permet de mieux comprendre ce que l’animal est en train de dire ou veut communiquer« , ajoute-t-elle dans l’émission diffusée tous les samedis après-midi sur LCI, canal 15 de la TNT. 

La passion de Fabienne Delfour ? Combiner la science et l’art, notamment en s’intéressant, par exemple, à la « sardine run », la migration des poissons mais aussi des prédateurs qui s’en nourrissent, en Afrique du Sud. Pour elle, l’idée est « toujours diffuser de plus grandes connaissances, enfin, avoir une plus grande diffusion des connaissances scientifiques, toucher les scientifiques mais aussi toucher le grand public« . Ces événements, comme les migrations, on ne les connaît pas, ou alors très peu de personnes, or ils sont en danger, du fait du changement climatique qui affecte les océans, mais également, « l’anthropisation de ces milieux« , les activités humaines et la situation géopolitique de ces régions-là « qui sont aussi des enjeux en soi pour ces espèces animales« . La scientifique développe : « Ces endroits sont tout à fait vitaux pour de très nombreuses espèces animales et ce sont des lieux qui sont soumis à des pressions extrêmement nombreuses« . D’où l’importance de témoigner, de les documenter et d’essayer de « réfléchir pour mettre en place des projets de conservation« .

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Susciter des émotions et l’émerveillement pour sensibiliser le grand public

Pour sensibiliser le grand public, la scientifique a à cœur de construire de nouvelles approches inédites du vivant. Son approche ? « Susciter des émotions, montrer que ces phénomènes sont extraordinaires, la créativité du vivant, et amener cet émerveillement au grand public« , explique Fabienne Delfour. Et de poursuivre : « On sait que les émotions positives vont engendrer des actions plutôt favorables en termes de conservation. Donc, c’est à nous, notre travail de nouveaux chercheurs, c’est d’essayer de trouver de nouveaux paradigmes, de nouvelles façons de montrer ces savoirs scientifiques et les amener au grand public« . Pourquoi les émotions sont importantes ? Parce que si les études scientifiques restent des statistiques et le comportement des animaux uniquement des chiffres, « ça ne touche personne« . D’où l’importance de raconter les processus, les dynamiques, les conflits et la difficulté que les animaux ont à survivre dans des « endroits très anthropisés« . Ces mises en situation permettent à chacun de se dire « qu’est-ce que je peux faire pour les protéger ?« . Pour les scientifiques, cela passe par plus d’affect pour leur sujet d’étude. « Si on a une approche empathique, on va poser d’autres questions, des questions beaucoup plus sensibles« , estime la biologiste. Pour elle, la posture objective et froide n’est pas incompatible avec la sensibilité et l’émerveillement. Au contraire, elles sont complémentaires, mais « il y a besoin de laisser la place à cette approche empathique« . Pour Fabienne Delfour, cette approche plus empathique se manifeste par des noms qu’elle donne aux animaux, comme Jane Goodall avant elle, qui avait été moquée, justement parce qu’elle donnait un nom aux chimpanzés qu’elle observait. « Grâce à elle, on a découvert comment ces sociétés vivaient, comment elles géraient les conflits. Donc on voit bien quand même qu’il y a un intérêt à avoir les deux approches, et cette approche plus sensible permet de découvrir vraiment la dynamique et l’intimité de ces animaux. Et donc, ces chercheurs ont ouvert la voie à d’autres chercheurs, dont je fais partie, et tout d’un coup, ça a légitimé cette approche-là, et on pouvait acquérir des savoirs beaucoup plus sensibles« , souligne la biologiste. Elle poursuit : « Cela a permis de démontrer que les individus avaient des tempéraments, des personnalités. Donc, ça a ouvert un nouvel univers, une nouvelle compréhension de ces mondes animaux. Et ça, c’est nécessaire« .

S.B. pour TF1 INFO

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