- Washington a annoncé, mardi 11 août, la libération de l’un de ses ressortissants retenus en Russie, sans « aucune contrepartie ».
- Ex-Marine, Robert Gilman avait été incarcéré en 2022, après avoir été reconnu coupable de « violences » contre un policier.
- Sa peine avait ensuite été étendue à dix ans, tandis que son état de santé se dégradait, selon ses proches.
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La photo de son retour en avion circule déjà : l’air fatigué, il esquisse malgré tout un sourire, derrière un large drapeau des États-Unis. Un ancien Marine américain détenu en Russie, Robert Gilman, a été libéré, a annoncé, mardi 11 août, le département d’État, précisant que cette décision avait été obtenue pour raisons humanitaires et qu’« aucune concession »
n’avait été faite en échange. Ce ressortissant, condamné en 2022, « rentre chez lui »
, a aussi savouré Donald Trump.
« À la suite de mes discussions avec le président
Vladimir Poutine
(nouvelle fenêtre), la Russie a accepté de le libérer, à titre purement humanitaire »
, s’est félicité le chef de la Maison Blanche sur sa plateforme Truth Social, avant d’ajouter que Moscou n’avait « demandé aucune contrepartie »
. Un peu plus tôt, un porte-parole du département d’État avait annoncé son « retour »
, assurant déjà que sa libération « ne fait pas partie d’un échange et aucune autre concession n’a été faite »
.
Une peine de prison progressivement allongée à dix ans
Robert Gilman doit atterrir à la base aérienne d’Andrews, à Washington, D.C., a indiqué le président américain. Jointe à son message, une photo montre un homme au teint pâle et aux yeux creusés, mais qui sourit malgré tout légèrement, installé dans l’avion qui le ramène aux États-Unis. À ses côtés se trouvent des représentants de l’administration et sa mère Nancy, selon Donald Trump, qui a assuré que cet ancien militaire « pourra bientôt revoir tous ses proches »
.
D’après un site créé pour appeler à sa libération (nouvelle fenêtre), cet homme de 30 ans est originaire du Massachusetts. Il « adore voyager et apprendre »
, et avait entamé des études en cybersécurité. Cet ancien Marine était aussi à l’origine d’un programme d’apprentissage de l’anglais à destination d’étudiants polonais. En novembre 2021, il devait rejoindre la Moldavie pour un nouveau poste d’enseignant d’anglais, et avait alors fait escale à Moscou. Mais il était tombé malade et avait dû prolonger son séjour en Russie, toujours selon ce même site.
C’est alors que ses démêlés avec la justice russe (nouvelle fenêtre) ont commencé. L’année suivante, il est condamné par un tribunal du sud-ouest du pays à quatre ans et demi de prison pour « violences »
contre un policier. Il avait été reconnu coupable d’avoir agressé un agent dans la ville de Voronej, dans l’ouest du pays, alors qu’il se trouvait en état d’ivresse. Une version contestée par ses soutiens, selon lesquels Robert Gilman avait alors été « pris d’un violent malaise »
mais « au lieu de lui venir en aide, les policiers l’ont frappé à coups de matraque »
. Toujours d’après eux, « sa jambe a accidentellement heurté le tibia d’un des policiers »
.
Sa condamnation avait ensuite été réduite en appel à trois ans et demi d’emprisonnement. Mais la durée de la peine a finalement été étendue par la suite à dix ans, pour violence envers le personnel pénitentiaire. En 2024, il a écopé d’une nouvelle peine pour avoir frappé un enquêteur et des geôliers, lors d’un nouveau procès. Il a plaidé coupable mais a assuré que ses gardiens l’avaient empoisonné avec « des matériaux radioactifs »
pendant sa détention. Puis, en décembre 2025, un tribunal de Voronej a de nouveau prolongé sa peine, de deux ans, selon son avocate.
Sa soeur confiait avoir eu « peur de ne plus jamais le revoir »
Des accusations à nouveau jugées infondées par ses soutiens, pour qui il a été « drogué sous la contrainte »
et a subi de la « torture »
en prison. « Cette escalade des accusations vise à le piéger afin de politiser son affaire »
, estiment-ils sur le site appelant à sa libération. Le département d’État a, lui, confirmé que Robert Gilman avait été récemment classé comme « injustement détenu »
en Russie. L’administration Biden, au pouvoir au moment de son arrestation, avait de son côté accusé Moscou de détenir des citoyens américains (nouvelle fenêtre) pour des charges sans fondement, afin de les utiliser comme monnaie d’échange.
L’état de santé de Robert Gilman s’était par ailleurs dégradé en détention, selon son entourage. Dans un récent message, sa sœur, Lexie Hudson, avait exprimé ses inquiétudes, appelant à sa libération urgente. « Je n’ai jamais eu aussi peur pour mon frère depuis que ce terrible cauchemar a commencé. J’ai peur de ne plus jamais le revoir si les Russes ne le libèrent pas. J’ai peur qu’il meure »
, avait-elle confié, citée par les médias américains (nouvelle fenêtre).
Sa libération a donc naturellement été accueillie avec soulagement par son entourage : « après 1.666 jours de détention, Robert est enfin libre »
, ont écrit ses soutiens sur leur site. Selon Donald Trump, le désormais ex-détenu a échangé avec lui au téléphone et « n’a formulé qu’une seule demande : un EXCELLENT cheeseburger dès son atterrissage »
, requête dont le président américain a promis de « s’occuper »
. Le ressortissant suivra un traitement médicalisé à son retour, a indiqué de son côté le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, dans un communiqué.
Selon lui, Robert Gilman rejoint « les plus de 100 Américains libérés lors du second mandat du président Trump »
. « Nous continuons à réclamer la libération immédiate de tous les autres Américains détenus à tort, y compris Stephen Hubbard, victime d’une détention abusive »
, a-t-il poursuivi. Ce professeur d’anglais à la retraite a été condamné lors d’un procès à huis clos, en octobre 2024, à près de sept ans de prison pour « mercenariat »
au profit de l’Ukraine, une accusation qu’il rejette.

