- Les blessures de l’enfance ont un impact sur nos relations amoureuses.
- La peur de perdre ses repères, de la solitude ou du célibat compliquent les ruptures.
- Réfléchir à ses besoins et accepter le changement peut conduire à une décision libératrice, rappelle le psychologue Pascal Anger, interrogé par TF1info.
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Si l’amour n’est pas un long fleuve tranquille, il peut parfois se révéler être une mer agitée (ou trop lourde) dont on ne sait comment s’extirper. Les conflits s’accumulent, l’insatisfaction chronique s’installe, le ressentiment s’amplifie, l’envie d’ailleurs se fait sentir.
La relation ne convient plus, et pourtant la séparation n’est pas envisagée. Il arrive que des partenaires restent ensemble (parfois longtemps) alors même qu’ils n’éprouvent plus de sentiments l’un pour l’autre, n’ont plus les mêmes projets et ne sont pas épanouis. Plusieurs raisons expliquent cette inertie.
Les schémas familiaux comme racine
Ce blocage ne prend pas toujours sa source dans le couple lui-même, mais il vient parfois de bien plus loin : de l’enfance.
Parents absents, violents, émotionnellement négligents, famille dysfonctionnelle…. Cet environnement peu sécurisant laisse des traces profondes qui restent ancrées à l’âge adulte parce que le premier couple qu’on a comme modèle, c’est celui des parents et c’est à partir de lui qu’on va tisser nos histoires familiales et nos schémas.
En grandissant, notre cerveau a tendance à choisir ce qui nous est familier et pas toujours ce qui est sain. « Lorsque ce qui nous est familier est dysfonctionnel, ou qu’une personne nous fait nous sentir mal dans notre peau, il faut parfois faire un effort pour réaliser que le fait qu’une chose soit familière ne signifie pas qu’elle nous convient
« , souligne la psychothérapeute Kaytee Gillis dans Psychology Today
. (nouvelle fenêtre) Résultat : on a tendance non seulement à reproduire le schéma dysfonctionnel mais à rester dans cette relation.
Cette instabilité familiale a un impact sur notre rapport à l’amour, au couple, à ce qu’on « pense mériter ». Parfois, elle peut même engendrer des dépendances affectives envers les autres et « ça va amplifier notre désespoir, parce qu’on va se dire qu’il y a que ça qu’on peut vivre, plutôt que de chercher des solutions pour en sortir
« , explique le psychologue Pascal Anger, interrogé par TF1info.
Même si on sait que la relation nous emprisonne plutôt que de nous épanouir, « on se dit qu’il n’y a que lui qui peut m’aimer ou il n’y a qu’elle qui peut m’aimer
« . Pourtant, il est indispensable d’interroger ces schémas pour ne pas retomber dans les mêmes problématiques. « On peut questionner cette histoire familiale, la mettre à distance et se dire qu’on n’est pas obligé de la vivre »
, rappelle le psychologue.
Il y a des personnes qui ne savent pas se désengager.
Il y a des personnes qui ne savent pas se désengager.
Pascal Anger, psychologue et sexothérapeute
Une autre raison qui peut expliquer cette difficulté à partir : la peur de la solitude et du célibat. Pour le psychologue et sexologue, « quitter une relation, même décevante, signifie renoncer à une routine, à une présence, à un avenir qu’on avait imaginé à deux. Ce deuil, celui d’un projet de vie plutôt que d’une personne, freine souvent la décision de partir, même lorsque l’esprit a déjà tranché
« . L’appréhension du jugement et la crainte de ne pas trouver « mieux » jouent un rôle, si bien que les craintes peuvent conduire à surestimer les qualités du « statu quo » et à sous-estimer sa capacité à se reconstruire seul. Quitte à jouer sur deux tableaux.
Le fait de partir étant un inconnu et l’inconnu faisant peur, « il y en a qui vont trouver des arrangements, en allant vers une double vie, en trouvant des subterfuges, quels qu’ils soient. Le temps, les jours, les années vont passer, et qu’ils se disent, après tout, ce n’était pas si mal
« . Pour le spécialiste de la santé mentale, « la peur de perdre ses repères, c’est du domaine de l’humain
« . Parce qu’on sait ce qu’on va perdre, mais on ne sait pas ce qu’on va gagner en quittant l’autre.
À la peur de l’inconnu s’ajoutent d’autres facteurs, comme le « coût irrécupérable affectif » ou l’idée qu’on reste parce qu’on a déjà beaucoup investi dans la relation. Dans le couple, dans le futur, dans la construction d’un projet à deux. Pascal Anger explique : « Il y a des personnes qui ne savent pas se désengager. C’est un peu comme un investissement dans une banque, ils se disent qu’il faut un retour sur investissement. Et le retour sur investissement, c’est qu’on reste lié l’un à l’autre, mais dans un mouvement où on n’est pas libre. Parce que l’autre est devenu un besoin, il est sommé de nous rassasier, et de confirmer sans cesse qu’on s’aime
« .
La fin d’une relation n’est pas un échec
Penser à une séparation est sain et avoir des doutes sur l’autre n’est pas une mauvaise chose. Et le psychologue rappelle qu’il n’est pas forcément nécessaire de chercher des reproches ou une faute pour quitter une relation. Parfois, ce sont les changements de vie, d’envie, de philosophie ou encore le besoin d’indépendance qu’il faut prendre en compte dans la prise de décision. « Il faut accepter à un moment donné de se dire que la vie passe, ce n’est pas si grave, on a passé des bons moments ensemble, mais ça ne peut plus continuer
« , explique Pascal Anger.
Il conseille d’ailleurs de « faire des bilans de temps en temps
« . Pour regarder dans le rétroviseur, faire le point sur les compromis, les valeurs, les projets. Le but étant de prendre le temps de savoir où est-ce que chacun se situe et si les partenaires sont encore prêts à traverser ensemble les difficultés, les épreuves. Et de conclure : « Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Il y a simplement à se demander : où en est-on dans nos pensées, dans notre expérience, dans notre vécu ? Et est-ce qu’on se reconnaît encore l’un et l’autre ? Ou est-ce que, justement, on est dans un moment où on a besoin de réfléchir à un changement et peut-être de s’avouer qu’à un moment donné, ce n’est plus possible ?
« .

