• Rencontrer la bonne personne et un ou une partenaire de vie est loin d’être une partie de plaisir.
  • Malgré la multiplication des opportunités offertes par les applications et sites de rencontre, Cupidon semble toujours tirer à côté.
  • Pire, lorsque vous choisissez un ou une partenaire, la relation se révèle toxique. Encore.

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Trouver la perle dans le monde du dating moderne relève du parcours du combattant. Il faut apprendre à identifier les red flags et autres comportements toxiques. Vous savez ce qu’est le breadcrumbing (souffler le chaud et le froid), le gaslighting (l’abus mental), le love bombing (l’excès d’amour dès le premier rendez-vous). Et pourtant, même si tous les signaux d’alarme sont là, vous les ignorez, vous foncez tête baissée dans une nouvelle relation – toxique – même si celle-ci ne vous convient pas. Ce schéma se répète encore et encore, si bien que vous finissez par croire que vous êtes sous le coup d’une malédiction en amour. Ou que vous êtes un aimant à partenaire toxique. C’est vrai et faux, en même temps.

Quand ce qui est douloureux semble familier et normal…

Il est vrai que l’on est parfois attiré par des relations qui ne sont pas saines ou par des personnes émotionnellement indisponibles. Les relations sont intenses, mais instables. L’autre est peu fiable, submergé par ses propres émotions pour répondre à vos besoins. Mais malgré tout, on retient les bons moments (parce qu’il y en a), on se souvient des instants où tout semble parfait. Ce piège psychologique devient une sécurité, on retient les « green flags » et on ignore le reste. Pour le psychologue Jeffrey Bernstein, la raison pour laquelle on est attiré par les relations bancales et non satisfaisantes trouve sa source dans l’enfance. « Pour beaucoup, notre façon d’aimer est profondément ancrée dans nos premières relations« , écrit-il dans Psychology Today. Il poursuit : « Si vous avez grandi avec des parents incohérents, trop critiques ou émotionnellement indisponibles, vous pourriez être attiré par des partenaires aux traits similaires« .

De ce fait, ce qui est douloureux est en fait familier et peut même paraître « normal ». Résultat : nous sommes amenés à répéter ce cycle. C’est ce que Freud appelle « la compulsion de répétition », le fait de répéter une expérience désagréable plutôt que de l’éviter. Le contraire de ce qu’écrivait Héraclite lorsqu’il disait « on ne se baigne pas deux fois dans le même fleuve« . Dans son « La compulsion de répétition » (2011), la psychanalyste Sabina Lambertucci Mann écrit ainsi que « les répétitions d’expériences insatisfaisantes, de vécus douloureux ou angoissants sont des tentatives de l’appareil psychique pour faire face ou répondre à la souffrance dans l’espoir et le besoin de la maîtriser« . Cette pulsion subconsciente nous pousserait donc à reproduire des schémas pour essayer de les guérir.

La faible estime de soi et le syndrome de l’infirmière…

D’autres facteurs sont également à prendre en compte pour comprendre pourquoi nous sommes attirés par des partenaires toxiques ou émotionnellement indisponibles. « Nombreux sont ceux qui endossent le rôle de « sauveur » ou de « réparateur » dans leurs relations. Si vous êtes compatissant et empathique, vous pourriez vous sentir attiré par des partenaires qui ont besoin d’être « sauvés »« , explique Jeffrey Bernstein. Certes, être empathique est une qualité, mais l’excès d’empathie pousse à être surinvesti émotionnellement et peut mener au syndrome de l’infirmière. Le risque à terme ? De l’épuisement, du ressentiment, une usure de compassion et des besoins personnels complètement ignorés.

Enfin, une faible estime de soi pousse à croire que l’on ne mérite pas mieux qu’une relation bancale, instable et insatisfaisante. « Cela peut provenir d’une image négative d’elles-mêmes ou de traumatismes passés« , indique le psychologue : une blessure de rejet ou d’abandon non résolue, un attachement anxieux ou ambivalent résultant de négligence émotionnelle dans l’enfance. Ces facteurs poussent à se contenter de « partenaires qui ne traitent ni avec respect ni avec attention ». Pire : « Vous pourriez vous retrouver à rationaliser le mauvais comportement de votre partenaire ou à excuser les signaux d’alarme, pensant que c’est le mieux que vous puissiez espérer« .

Prendre conscience des schémas répétitifs

Pour briser le cycle des relations toxiques, il faut commencer par prendre conscience de ces schémas répétitifs. Passer en revue l’historique amoureux permet ainsi d’identifier les comportements récurrents. « Reprendre le contrôle de ses schémas relationnels peut être difficile, surtout lorsque le familier est réconfortant », concède Jeffrey Bernstein, néanmoins, « vous pourrez attirer des partenaires qui enrichissent véritablement votre vie grâce à l’introspection, à la thérapie et à l’amour-propre ». Il est donc important d’effectuer un travail sur soi, de creuser dans son enfance pour comprendre les blessures émotionnelles et pouvoir les guérir, mais aussi apprendre à doser son empathie. « Rappelez-vous que votre amour ne peut pas résoudre les difficultés d’autrui. Chacun doit être responsable de son épanouissement et de sa guérison« , rappelle le psychologue. Et de conclure : « Choisissez un partenaire capable de voir au-delà de lui-même« .

Sabine BOUCHOUL

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