- Emmanuel Macron a reçu dimanche le Premier ministre canadien sur cet archipel français situé à quelques kilomètres du Canada.
- Les deux dirigeants ont annoncé un rapprochement sur la pêche, la sécurité et l’énergie.
- Le déplacement intervient alors que Donald Trump a publié une carte couvrant la région du drapeau américain.
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« Nous croyons ensemble que nos pays sont deux grandes nations indépendantes et qui veulent le rester. »
La formule d’Emmanuel Macron, dimanche à Saint-Pierre-et-Miquelon, vise sans le nommer le président américain Donald Trump, qui menace régulièrement le Canada d’annexion et a récemment diffusé une carte plaçant l’ensemble de la zone, archipel français compris, sous drapeau américain.
Les deux chefs d’État affichent leur unité
Le chef de l’État français avait planté le décor samedi : Saint-Pierre-et-Miquelon est « français »
, « c’est une évidence »
, avait-il dit, en déplorant « des idées étranges »
sur le sujet. Il a énuméré dimanche ce qui, selon lui, rapproche Paris et Ottawa : « la démocratie, l’État de droit, le respect du droit international, le respect du commerce libre et équitable, la science sur laquelle reposent nos décisions et l’autonomie stratégique que nous défendons »
. C’est ce qui unit « très profondément »
, a-t-il ajouté, le Canada à la France et à l’Union européenne.
Venu pour la première fois sur l’archipel, Mark Carney a jugé que « le moment (était) venu de resserrer nos liens entre le Canada et la France, entre le Canada et l’Union européenne »
. Il a plaidé pour une « résilience collective »
permettant aux deux ensembles de « vivre comme nous l’entendons, en nous fondant sur les valeurs que nous partageons ».
Les deux hommes s’étaient salués d’une longue accolade à la descente d’avion.
Concrètement, Paris et Ottawa disent vouloir travailler à un « rapprochement profond »
sur la pêche, la sécurité et l’énergie. Sur ce dernier point, jugé « sensible »
par Emmanuel Macron, les projets canadiens de gaz naturel liquéfié « sont importants pour notre Europe »
. En pleine flambée des prix des carburants, le président français a remercié son homologue d’avoir « si vite répondu »
à sa demande d’avancer sur « des projets très concrets »
, le Canada étant « un grand pays producteur ».
Mark Carney a élargi la définition de la souveraineté au-delà de l’alimentation, de l’énergie et de la défense : elle exige selon lui « un accès sécurisé à l’intelligence artificielle, à l’espace, aux semi-conducteurs, aux minéraux critiques et à l’énergie propre »
. Il a invité la France, le Canada, les États-Unis et la Chine à unir leurs forces pour rendre l’IA plus « sûre et efficace ».
Ce rapprochement prend une forme institutionnelle : Ursula von der Leyen a proposé de faire du Canada le premier « membre associé » de l’Union européenne. Devant le Parlement européen jeudi, Mark Carney avait salué cette « nouvelle alliance ».

