• Le Parti travailliste de Keir Starmer a enregistré une défaite historique, vendredi 8 mai, lors d’élections locales en Grande-Bretagne.
  • Le Premier ministre britannique a promis, au lendemain de ces revers, d' »écouter les électeurs », excluant de démissionner.
  • Pour la première fois depuis la décentralisation en 1999, les indépendantistes sont en tête en Écosse et au pays de Galles (en plus de l’Irlande du Nord).

Des résultats « douloureux » pour le Labour. Les travaillistes de Keir Starmer ont subi, vendredi 8 mai, une défaite électorale historique au Royaume-Uni, lors d’élections locales marquées par la progression du parti d’extrême droite Reform UK. 

Avant même de connaître l’ampleur de la défaite, le Premier ministre britannique, arrivé au pouvoir en juillet 2024, a assuré « assumer la responsabilité » de ces résultats « très difficiles », affirmant rester à son poste. « Je ne vais pas partir et plonger le pays dans le chaos », malgré les appels à la démission jusque dans son propre camp.

« La bonne leçon à tirer (de ce scrutin) est d’écouter les électeurs », mais « cela ne veut pas dire prendre un virage à droite ou à gauche », a poursuivi ce samedi le chef du gouvernement dans une tribune au quotidien The Guardian, reconnaissant des « erreurs ».

Le Premier ministre britannique et chef du Parti travailliste, Keir Starmer, a reconnu la défaite de son camp aux élections locales, le 8 mai 2026 à Londres. – Getty Images via AFP

Au pays de Galles, le Labour a perdu le pouvoir au Parlement local, ce qui n’était jamais arrivé, au profit du parti indépendantiste Plaid Cymru. En Écosse, les travaillistes ont perdu quatre sièges et terminent au coude-à-coude avec Reform UK, dans un Parlement qui reste dominé par le parti indépendantiste SNP, sans majorité absolue.

Les indépendantistes en tête en Écosse, au pays de Galles et en Irlande du Nord

Pour la première fois depuis la décentralisation qui a vu l’Écosse et le pays de Galles dotés de leur propre Parlement en 1999 – Holyrood à Édimbourg et Senedd à Cardiff -, des indépendantistes constituent la première force politique dans les deux hémicycles. D’autant que le Sinn Féin, qui prône une réunification avec la République d’Irlande, est déjà le parti dominant à l’Assemblée de Belfast en Irlande du Nord.

Aux termes d’un arrangement entre les grands partis, l’Angleterre est « démographiquement, économiquement, culturellement et politiquement dominante » depuis 1945, a souligné à l’AFP Robert Ford, professeur de sciences politiques à l’université de Manchester. Et si personne ne s’attend à un éclatement du Royaume-Uni, la nouvelle situation est « déstabilisante » car « les leviers du pouvoir seront tenus par des partis qui veulent modifier cet arrangement constitutionnel et chercheront des occasions de le faire », a-t-il relevé.

La percée de Reform UK, les conservateurs reculent aussi

Néanmoins, la victoire des indépendantistes est tempérée par la percée de Reform UK de Nigel Farage. Ce dernier ne soutient pas ces revendications même si, en campagne en Écosse, il n’a pas exclu la possibilité d’un nouveau référendum à terme. Un scénario qui nécessiterait obligatoirement le consentement préalable du gouvernement de Londres.

En Angleterre, le parti anti-immigration est même ressorti en tête avec 1.444 sièges et quatorze conseils locaux remportés, alors que ce scrutin a aussi été marqué par le recul des conservateurs (773 élus), derrière les libéraux-démocrates (834) et donc le Labour (997). Les Verts, parti très à gauche dirigé par Zack Polanski, sont aussi en progrès (515 sièges).

Victor GAUTIER avec AFP

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