- Racines vigoureuses, feuilles dures et dentelées, tronc robuste… Le chêne-liège, typique des forêts méditerranéennes, présente de nombreux atouts.
- Il dispose d’une épaisse écorce spongieuse très résistante contre le dérèglement climatique et les incendies.
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Cet arbre majestueux présente des feuilles dentelées, duveteuses et coriaces. Ses fleurs jaune pâle éclosent vers avril-mai. Ses glands de couleur brune arrivent à maturité en automne. À l’âge adulte, après 25 à 30 ans de pousse, l’arbre peut atteindre jusqu’à 20 mètres de hauteur.
Le chêne-liège pousse principalement sur la partie occidentale du bassin méditerranéen. On le retrouve sur le littoral maghrébin et dans le Sud de l’Europe, notamment au Portugal, en Espagne, en Italie et en France. Il se plaît notamment dans le massif des Maures (dans le département du Var), en Corse et dans les Pyrénées-Orientales. Mais la côte Atlantique lui offre également des conditions optimales, à l’instar de la forêt des Landes ou du bois des Charentes. Pour grandir et s’épanouir, le chêne-liège nécessite une température au-dessus de dix degrés, des précipitations annuelles entre 400 et 800 mm et une altitude maximale de 500 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Cet arbre aux nombreuses ressources s’adapte aux sols les plus pauvres. Il prospère sur des sols acides et siliceux, sableux ou argileux. Il semble s’adapter au dérèglement climatique : ses feuilles dures lui permettent de résister aux conditions difficiles. Des botanistes marocains (nouvelle fenêtre) considèrent qu’il s’agit d’un « véritable rempart contre la désertification »
: son écosystème favorise l’infiltration de l’eau, limite l’érosion des sols et abrite une biodiversité exceptionnelle. Il constitue également un puissant puits de carbone à condition d’en prendre soin : un chêne-liège exploité absorbe 2,5 à 4 fois plus de CO₂ qu’un arbre non exploité. Au Portugal (nouvelle fenêtre), par exemple, il absorbe 3,3 mégatonnes de CO2 par an, soit environ 5% des émissions de gaz à effet de serre du pays.
Une écorce qui qui protège l’arbre des températures extrêmes
L’écorce du chêne-liège, boursouflée voire crevassée, parfois grisâtre ou plus foncée, joue un important rôle de protection.D’une épaisseur pouvant atteindre 20 centimètres, d’une matière spongieuse, elle défend l’arbre contre les températures extrêmes et la perte d’eau. La température à l’intérieur du chêne-liège reste en moyenne 13°C inférieure à la température extérieure. Cette couche subéreuse isole l’arbre des variations thermiques et assure une grande élasticité et une résistance aux dommages mécaniques. Cette écorce se régénère après sa récolte (il s’agit du seul arbre au monde à posséder cette caractéristique).
Le liège qui entoure l’arbre lui offre un solide manteau de protection capable de résister aux incendies. Le passage du feu l’affaiblit sans le tuer. « Il va donc résister au changement climatique, beaucoup plus que le chêne vert ou blanc. Un incendie qui traverse une suberaie va faire des dégâts, mais moins que dans une pinède ou un maquis, ou bien une autre forêt »
, témoignait Gisela Santos Matos, technicienne forestière de l’Association syndicale libre (ASL) à nos confrères de franceinfo (nouvelle fenêtre). Le chêne-liège sait se relever, il est en mesure de se régénérer assez vite, en récupérant petit à petit son feuillage et en régénérant le liège de son écorce. Mais attention, il faut compter jusqu’à neuf ans pour que l’arbre retrouve sa pleine protection. Même en cas de protection tout autour du tronc, l’arbre peut tomber.
Si vous habitez en lisière de forêt, vous pouvez planter des chênes-lièges pour limiter les conséquences des incendies. Mais il faut vivre dans des zones pas trop froides et peu montagneuses. Les botanistes excluent un bon quart nord-est de la France et la zone autour du Massif central. Ailleurs, l’arbre peut pousser. Mais il faudra du temps avant d’espérer un chêne-liège vigoureux et protecteur.

