- Une cinquantaine de départements sont concernés par un danger élevé ou très élevé de feux de forêt.
- D’importants incendies sévissent actuellement dans l’arc méditerranéen, mais des feux de végétation sont aussi de plus en plus fréquents sur la moitié nord du pays.
- Pour en savoir plus sur ce phénomène d’une ampleur « sans précédent » cet été, TF1info a contacté le colonel Christophe Marchal, vice-président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers.
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Canicule, vagues de chaleur, sécheresse, incendies… Un été 2026 de tous les dangers en France
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« Il faut bien reconnaître qu’ils arrivent pratiquement quinze jours, trois semaines en amont des périodes habituelles. »
En amont d’une cellule interministérielle de crise à Marseille (Bouches-du-Rhône), le 2 juillet dernier, Sébastien Lecornu a prévenu que les incendies allaient « nous donner du fil à retordre »
cet été, annonçant alors 7.000 départs de feu depuis le début de l’année et 2.000 pompiers mobilisés.
Dans les Pyrénées-Orientales, pas moins de 800 pompiers sont engagés pour lutter contre l’important incendie en cours qui a parcouru 5.000 hectares, blessant légèrement onze personnes et endommageant de nombreux bâtiments. Le sud de la Drôme est lui aussi touché par un feu de forêt qui continue de progresser, tandis que plus de 900 hectares ont été brûlés entre l’Aude et l’Hérault la semaine dernière.
Plusieurs incendies « fixés »
ont également parcouru près de 400 hectares ce mardi dans le Loir-et-Cher et la circulation des TGV en Essonne a même été temporairement perturbée en raison d’un feu de forêt à proximité des voies. Et les incendies ont fait une première victime puisqu’un sapeur-pompier volontaire de 22 ans est décédé ce mercredi matin en Savoie en combattant un feu de forêt. Pour en savoir plus sur l’ampleur grandissante des feux de végétation dans l’Hexagone, TF1info a contacté le colonel Christophe Marchal, vice-président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers.
L’ampleur des incendies qui touchent la France cet été est-elle inédite ?
Elle est sans précédent si tôt dans la saison. On observe effectivement de nombreux départs de feu à la suite de la sécheresse généralisée sur l’ensemble du pays. Il faut bien comprendre qu’il n’y a finalement pas tant que ça de feux d’ampleur – même s’il y en a quand même trop -, parce que la stratégie française est d’attaquer massivement les feux naissants pour éviter qu’ils ne prennent trop d’ampleur, grâce au prépositionnement des moyens sur le terrain. Ce sont des feux dont on ne parle pas beaucoup dans la presse, mais il y en a tous les jours sur l’ensemble du territoire, pas seulement dans le sud. Je suis dans le Haut-Rhin, et on a eu plusieurs départs de feu ces derniers jours.
Les Vosges, le Jura, la Bretagne ou le centre de plus en plus touchés
Remarquez-vous davantage de feux de forêt dans la moitié nord du pays ?
Oui. Depuis une quinzaine d’années, on observe très clairement une remontée de 30 à 40 kilomètres vers le nord chaque année du centre de gravité des feux de forêt. La problématique du feu de forêt concernait traditionnellement les départements du sud et du sud-ouest, notamment l’arc méditerranéen, la Gironde et les Landes. Et au fil des années, il est devenu de plus en plus courant de voir des feux, et même des incendies très importants dans des massifs secondaires comme les Vosges, le Jura. Des régions comme la Bretagne ou le centre de la France font aussi désormais face à ces phénomènes.
Où situez-vous ce nouveau barycentre des incendies de végétation aujourd’hui ?
Tout le territoire est touché, mais le barycentre monte pratiquement à la hauteur de Lyon pour les très grands feux. Ce qui n’empêche pas des feux significatifs de se produire plus au nord.
Les années à risque ont tendance à être de plus en plus fréquentes
Les années à risque ont tendance à être de plus en plus fréquentes
Christophe Marchal, vice-président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers
Une cinquantaine de départements sont placés à un danger élevé ou très élevé de feux de forêt selon Météo-France. Pourquoi presque tout le territoire est maintenant à risque ?
Nous, pompiers, on applique une règle toute simple, qu’on appelle « la règle des trois 30 » : à partir du moment où il fait plus de 30°C, qu’il y a moins de 30% d’humidité dans l’air et plus de 30 km/h de vent, on passe en vigilance extrême car tous les ingrédients sont réunis pour des risques accrus de départ de feu. Et cette « règle des trois 30 », qui était une règle plutôt pour le sud de la France et de la Méditerranée, est maintenant de plus en plus fréquente partout. Cette année est donc vraiment une année à risque ; mais les années à risque ont tendance à être de plus en plus fréquentes.
Landes, Ain, Vienne : les départs de feu se multiplientSource : JT 20h Semaine
S’agit-il justement bien d’une tendance longue, et non pas d’un phénomène exceptionnel ?
C’est clairement une tendance, même s’il y aura peut-être des années plus favorables. Mais il faut absolument que la France, et les autres pays européens, se mettent en ordre de bataille en renforçant les équipements et les effectifs pour être de plus en plus prêts dans les étés à venir.
Et si tous les feux naissants ne se transforment heureusement pas en feux d’ampleur, il y a le risque d’être à la limite de la rupture capacitaire si plusieurs incendies significatifs surviennent simultanément : on devrait alors mettre le plus de moyens terrestres et aériens possibles sur ces grands brasiers pour protéger les populations et les villages, et cela serait probablement plus difficile de s’attaquer aux départs de feu dans d’autres régions.

