• Dans une interview au magazine « Africa Report », Emmanuel Macron estime qu' »une partie de la classe politique française (…) ne veut pas que les choses s’arrangent avec l’Algérie ».
  • Or, « cette confrontation, dans laquelle nos gouvernements se sont laissés enfermer, n’est bonne pour personne », ajoute le président de la République.
  • « L’intérêt de mon pays est de bien s’entendre avec l’Algérie », estime-t-il encore.

Emmanuel Macron est en Afrique jusqu’au mercredi 13 mai. Le président de la République s’est envolé samedi dernier pour l’Égypte, poursuit son déplacement au Kenya, et sera dans deux jours en Éthiopie. Depuis le Kenya le chef de l’État a donné une interview au magazine Africa Report, dans laquelle il aborde notamment les relations entre la France et l’Algérie, qui connaissent une amélioration après des mois de tensions. Il critique notamment ceux « qui ne veulent pas que les choses s’arrangent ».

« Il y a aussi une partie de la classe politique française qui ne veut pas que les choses s’arrangent avec l’Algérie, tout comme une partie de la classe politique algérienne ne veut pas que les choses s’arrangent avec la France. Mais cette confrontation, dans laquelle nos gouvernements se sont laissés enfermer, n’est bonne pour personne », estime Emmanuel Macron. « Elle réduit les opportunités économiques, notre capacité à lutter efficacement contre l’immigration clandestine, gêne la coopération sécuritaire face au risque terroriste… Bref, cela nous affaiblit tous les deux », ajoute le président de la République, qui le 27 avril s’en était pris aux « mabouls qui disent qu’il faut se fâcher avec l’Algérie ». « D’un point de vue pragmatique, l’intérêt de mon pays est de bien s’entendre avec l’Algérie. D’un point de vue pragmatique, l’intérêt de l’Algérie est de bien s’entendre avec la France. Et s’il y a des désaccords, on s’en explique. »

Notre relation bilatérale a connu une crispation, liée au choix que nous avons fait sur le Sahara occidental

Emmanuel Macron

Dans ce même entretien, Emmanuel Macron estime avoir été le président à faire le plus, « depuis 2017 », « pour dire les choses, reconnaître et tenter d’apaiser ». Il parle notamment de « gestes mémoriels » et d‘ »une reconnaissance, et même une demande de pardon et de réparations financières pour les harkis ». « Beaucoup de chemin a été parcouru », avance-t-il.

Il évoque ensuite ainsi l’arrivée des tensions entre les deux pays : « Notre relation bilatérale a connu une crispation, liée au choix que nous avons fait sur le Sahara occidental. C’était un choix souverain, fait avec un pays qui n’est pas l’Algérie. Mais Alger a fortement réagi et des tensions ont suivi, liées à différents sujets. »

Une feuille de route pour « intensifier » la coopération

Dimanche, Emmanuel Macron avait dit espérer que la récente visite de sa ministre déléguée Alice Rufo en Algérie marque « le début » d’une « reprise » des relations. « Je considère que mon devoir est de défendre les intérêts des Françaises et des Français », qui est que « nous retrouvions une relation apaisée, constructive, avec l’Algérie. Cette relation doit être respectueuse des deux côtés, mais elle doit permettre d’apporter des solutions sur tous les sujets », avait-il expliqué lors d’une conférence de presse au Kenya. « Les derniers mois ont causé beaucoup de tort et à l’Algérie et à la France. Et ce n’est pas notre intérêt de poursuivre cette solution et d’avoir quelque posture de politique intérieure », avait-il ajouté, après avoir déjà reproché par le passé le bras de fer avec Alger voulu par la droite et l’extrême droite françaises, notamment l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau.

La ministre française déléguée aux Armées Alice Rufo et le président algérien Abdelmadjid Tebboune ont établi samedi une feuille de route pour « intensifier » leur coopération – notamment dans les domaines sécuritaire et militaire – mise à mal par près de deux ans de profonde crise diplomatique.

J.F.

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