• L’Union européenne a sanctionné Google à hauteur de 890 millions d’euros d’amendes, pour des atteintes à la concurrence dans la recherche en ligne et au sein de Google Play.
  • Un coup de massue pour le géant américain, qui risque bien d’attiser la colère de Donald Trump envers l’Europe.

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Mauvaise nouvelle pour Google. La multinationale américaine s’est vu infliger 890 millions d’euros d’amendes par la Commission européenne pour avoir favorisé ses propres services dans Google Search et restreint la capacité des développeurs à orienter les utilisateurs vers des offres alternatives en dehors de Google Play. 

Il s’agit de la plus lourde amende prononcée par Bruxelles à l’égard d’une entreprise au titre du règlement européen sur les marchés numériques (DMA), une puissante loi européenne visant à réprimer les abus de position dominante des géants de la tech.

« Garantir un terrain de jeu équitable »

Dans le détail, la firme de la Silicon Valley a été sanctionnée à hauteur de 460 millions d’euros pour avoir favorisé ses propres services (tels que les comparateurs de prix, de vols ou d’hôtels) dans les résultats de son moteur de recherche, Google Search. 

S’y ajoute une seconde amende de 430 millions d’euros, pour avoir empêché les développeurs utilisant son magasin d’applications, le Play Store, d’orienter les clients vers d’autres points de vente virtuels. Cette pratique, appelée anti-steering, est strictement prohibée par le DMA.

« C’est une décision très importante« , a affirmé la vice-présidente de la Commission chargée du Numérique, Henna Virkkunen, soulignant qu’elle visait à « garantir un terrain de jeu équitable » pour toutes les entreprises en ligne.

Seulement 0,22% du chiffre d’affaires de Google

Le géant technologique américain a de son côté pourfendu cette décision, qui va conduire selon lui à dégrader des services pourtant prisés des internautes. « Pour nous y conformer, nous sommes obligés de retirer des fonctionnalités de recherche en temps réel que les Européens apprécient, comme l’affichage des prix instantanés et la disponibilité directe des hôtels, des vols et des restaurants, et de démanteler des protections en matière de sécurité sur Google Play« , s’est insurgé Kent Walker, président des affaires mondiales de Google, dans une déclaration transmise à l’AFP.

Si cette sanction pécuniaire ne représente que 0,22% du chiffre d’affaires mondial de Google, cet épisode pourrait bien raviver les tensions entre Washington et l’Union européenne. En effet, l’administration Trump accuse la réglementation numérique européenne de cibler les champions américains du secteur. Dans un communiqué, le représentant de la Maison Blanche pour le Commerce (USTR), Jamieson Greer, a estimé que cette amende était un « véritable risque pour le maintien de la stabilité transatlantique« , car cela « crée une incertitude majeure pour les exportations américaines de biens et services« .

Les parlementaires américains s’en mêlent

Preuve que le sujet crispe outre-Atlantique, 25 parlementaires républicains ont écrit cette semaine au président pour lui demander des représailles contre l’UE, si elle persistait à exercer « des lois, politiques ou pratiques discriminatoires » contre les entreprises américaines.

Google, qui a d’ores et déjà proposé ou instauré des mesures pour tenter de se conformer au DMA, va devoir se plier à cette décision dans les 60 jours, sous peine d’amendes supplémentaires. Précédemment, l’Union européenne avait sanctionné Apple et Meta au titre du DMA, mais pour des montants inférieurs, 500 et 200 millions d’euros respectivement.

C’est un nouveau revers pour la firme dirigée par Sundar Pichai. La semaine dernière, Bruxelles lui a imposé d’ouvrir son système d’exploitation Android à des services d’intelligence artificielle concurrents de son assistant Gemini et de partager les données collectées par Google Search avec ses rivaux. En septembre dernier, la Commission lui avait infligé une amende de 2,95 milliards d’euros pour abus de position dominante dans la publicité en ligne.

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