- Une vidéo prétend montrer, à tort, les premières images de mobilisations forcées de femmes en Ukraine.
- Des mesures qui auraient lieu dans le cadre de la guerre avec la Russie.
- Il s’agit en réalité d’arrestations d’activistes opposés à un projet d’abattage d’arbres à Kiev.
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Une Ukrainienne qui crie, emportée par des hommes en uniforme militaire. La vidéo a de quoi interpeller, et elle serait, selon plusieurs comptes sur X, la preuve que l’Ukraine commence à mobiliser de force des femmes dans le cadre de sa guerre avec la Russie. « La mobilisation forcée en Ukraine serait étendue aux femmes. Cette pratique représenterait aujourd’hui 5 milliards de dollars de pots-de-vin versés à l’entourage de Volodymyr Zelensky par ceux qui veulent échapper à la mobilisation »
, affirment même certains internautes en relayant cette vidéo.
Les allégations de mobilisations forcées d’hommes sont très régulières sur les réseaux sociaux, venant en particulier des sphères pro-russes. Mais ces images seraient « les premières »
montrant des Ukrainiennes embarquées par des soldats pour se rendre au front. Une vidéo authentique ? Nous avons vérifié.
Des activistes arrêtées lors d’une manifestation à Kiev
Pour retrouver le contexte original de cette vidéo, nous avons effectué une recherche d’image inversée (voir ici comment procéder). Nous avons ainsi pu la retrouver dans une série de publications comme ici, avec de nombreuses autres séquences. On y voit notamment la même jeune femme que dans les prétendues images de « mobilisation forcée » : blouson noir, écharpe rouge, elle est tenue par deux hommes qui l’emmènent au loin. La jeune femme insulte les forces de l’ordre et crie « vous cassez mes doigts ! »
. On repère également que les bâtiments au second plan sont exactement les mêmes que dans la vidéo circulant avec la fausse légende.
Des médias ukrainiens (nouvelle fenêtre) se sont fait l’écho de ces images dès le 22 septembre, bien avant qu’elles ne circulent en prétendant montrer des réquisitions d’Ukrainiennes : la vidéo montre en réalité des activistes interpellés après une manifestation contre la mise en place d’un réseau de chauffage dans les quartiers de Teremky à Kiev. Des activistes et riverains se sont ainsi opposés à ce projet (nouvelle fenêtre) nécessitant l’abattage de plusieurs arbres. De son côté, la mairie de Kiev explique que la construction de ce nouveau réseau est essentielle pour alimenter 183 bâtiments résidentiels, les hôpitaux et les établissements d’enseignement de la zone en cas d’accident sur la centrale thermique CHP-5 à Kiev. Des échauffourées ont éclaté lors de tentatives d’obstruction d’engins de chantier les 21, 22 et 27 septembre, rapporte la presse ukrainienne (nouvelle fenêtre).

Ce n’est pas la première fois que des images de cette manifestation sont détournées. Il y a une semaine, les premiers affrontements avaient également fait l’objet de détournements par plusieurs comptes pro-russes, prétendant montrer des mobilisations forcées d’Ukrainiennes, comme expliqué par le média de fact-checking Open (nouvelle fenêtre).
Pas de mobilisation de femmes prévue en Ukraine
Si ces images sont fausses, est-il vrai de dire que l’Ukraine souhaite mobiliser les femmes du pays ? Le Conseil suprême du Parlement ukrainien a répondu le 26 août à cette question (nouvelle fenêtre) sans ambiguïté : « La commission de la Verkhovna Rada d’Ukraine sur la sécurité nationale, la défense et le renseignement rapporte officiellement : il n’y a aucune initiative législative, aucun projet de loi, ni même de discussions internes concernant la mobilisation des femmes. »
Elle n’est ainsi ni préparée, ni même envisagée du côté ukrainien. L’engagement des femmes dans l’armée se fait ainsi et uniquement sur une base volontaire, rappelle le Parlement.
Seule exception : depuis le 1ᵉʳ octobre 2023, les professionnelles de santé féminines âgées de 18 à 60 ans doivent s’inscrire pour le service militaire. Cela concerne ainsi les médecins, les infirmières, les sages-femmes, les dentistes et les pharmaciennes. S’inscrire ne signifie cependant pas être mobilisé : les forces armées ukrainiennes ont justifié cette mesure par la nécessité d’évaluer les forces de santé disponibles en cas de nécessité.
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